Tout a une fin

Dans quelques jours j’arrête ce blog, n’ayant plus qu’une seule lectrice, et trois lecteurs très très occasionnels.

Il me faut reconnaître que ce blog n’intéresse plus personne, et que ceux qui y viennent, le font probablement par politesse, car je viens chez eux.

Bonne continuation.

(Les commentaires éventuels seront lus mais non publiés.)

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Une jolie petite brise

Il y avait un vent à décorner les boeufs ou « une jolie petite brise », comme aurait dit le capitaine Haddock.*

Monsieur Moochagoo regardait sur une tablette, une oeuvre du peintre coréen Kaiho Yusho (1533-1615) dont le titre était « Eight Drinking Hermits » (Huit ermites ivres, 1602). Les ermites étaient vêtus à la chinoise par référence aux canons de la peinture chinoise, (qui est à l’origine de la peinture coréenne).

La vigueur du trait sur un fond vaporeux était remarquable. Le jeux des lavis et des contrastes l’enchantaient.

Ma voisine aurait dit que c’étaient tout simplement huit personnages en train de se pinter la ruche, et qu’il n’y avait pas à chercher plus loin.

Nous étions en train de randonner pour la matinée sur le plateau au nord du Château de Chevreuse. La dépression Carmen commençait à se faire sentir.

Monsieur Moochagoo rangea sa tablette, et me confia qu’il tricotait une grande chaussette de Noël – dotée de pouvoirs magiques – qui exaucerait les voeux de cadeaux les plus improbables.

Je lui fis remarquer que nous étions le 31 décembre, que c’était un peu tard pour Noël et que, surtout, une telle chaussette serait extrêmement dangereuse au cas où un enfant émettrait le voeux d’avoir une Kalachnikov.

Il n’y a rien de tel qu’un désaccord pour animer une randonnée.

A un moment un panneau nous a signalé une mare remarquable. Nous sommes montés sur un talus pour la voir. Un autre panneau s’interrogeait : A quoi correspondent ces mares? Une ancienne piste d’atterrissage pour les OVNI ?

Damned ! Mais c’est bien sûr ! Voilà qui expliquait bien des choses, notamment une grande jeune fille aux avec une lueur étrange dans les yeux, qui nous avait croisé un peu avant en nous souriant. 

Belle matinée de fin d’année 2017 !

* L’Etoile Mystérieuse.

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Adieu

En assistant à la cérémonie funèbre d’un cousin par alliance, mort à 86 ans, quelques jours avant Noël, d’un cancer foudroyant, j’hésitais entre deux citations de Shakespeare : « La roue infidèle et furieuse de l’inconstante fortune » (Henry V) et, « Au dessus de nous les étoiles régissent notre destinée. » (Le roi Lear).

Nous étions au crématorium du cimetière de l’Orme à Moineaux (Les Ulis). Un nom poétique pour un endroit triste.

Pas trop au demeurant.

Au funérarium avant le crématorium, tous les vieux amis du cousin étaient là autour du cercueil ouvert – avec des blagues qui auraient plues au défunt : « Ah dommage qu’il n’ait pas programmé la chanson de Johnny Hallyday, « Allumer le feu« , au moment où le cercueil disparaîtra. » Ou : « Je l’ai vu quelques jours avant sa mort, il avait les cheveux trop longs, je lui ai conseillé de faire venir un coiffeur à l’hôpital. Il m’a répondu que les cheveux longs brûleraient très bien. »

La famille n’a rien entendu, seuls les vieux amis étaient présents à ce moment là.

Le défunt avait refusé toute cérémonie religieuse. C’était son choix. 

Finalement, au crématorium, un grand écran nous montra les meilleurs moments de celui que nous appellerons Roger. Roger avait des défauts et des qualités comme tout le monde, mais à travers les photos, seules apparaissaient ses qualités.

Roger a eu la chance de mourir à l’hôpital, entouré de sa fille et de ses petites filles.

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Dieu s’occupe de tout

J’étais en train de méditer sur une phrase de Sainte-Beuve : « Vieillir est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps, » pour oublier le froid brouilliardeux de ce dimanche en Forêt de Fontainebleau, lorsque ma voisine me demanda des précisions sur la philosophie d’Aristote.

J’avais emmené ma voisine en randonnée (avec d’autres) car elle espérait qu’il allait neiger. Mais je ne m’étais pas attendu à cette demande aristotélicienne. Elle avait, semble-t-il, eu des interrogations lors d’une séance de son club de lecture.

Pris de court, je m’exclamais : « Un sanglier vient de couper le chemin à cent mètres! » Cette habile diversion ne la dissuada en rien. Je fus obligé de m’exécuter.

« Il faut d’abord bien comprendre qu’Aristote avaient des moyens limités pour parler du monde. La technique était rudimentaire et les hommes de l’époque ne disposaient que de la seule perception.

Pour les grecs, la nature était pleine de prodiges et d’interventions divines. Ils n’étaient pas des demeurés, ils interprétaient ce qu’ils voyaient avec leur culture.

Pour Aristote qui, voulait aller un plus loin, la nature était pleine de formes organisées hiérarchiquement : la matière inerte, les plantes, les animaux, l’homme, les astres dans le ciel. Et tout ce bel ordre était garanti par Dieu, « Premier Moteur immobile qui cause le mouvement de tout l’univers. » 

J’ajoutais : « C’est pratique, Dieu s’occupe de tout. »

Je continuais : « Il y a deux sortes de corps, les corps légers qui tendent vers le haut (la fumée, attirée par la lune), et les corps graves, surtout composés de terre, qui sont attirés par la terre, vers le bas.

Et il y a deux sortes de mouvements : le mouvement naturel qui tend vers le repos (une pierre finit par s’arrêter ou tomber), et le mouvement violent qui tend aussi vers le repos, (la flèche est poussée par l’arc, mais finit aussi par s’arrêter ou tomber).

Je trouve que la fumée attirée par la lune est quelque chose de très poétique. »

Je ne sais pas si je fus compris, mais ma voisine me parla subitement du livre d’Anatole France, « Le crime de Sylvestre Bonnard, » qu’elle avait à la lire pour la prochaine séance de son club.

Il n’a pas neigé.

Aristote

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Essentials for the Apocalypse

Lorsque nous étions aux Etats-Unis en septembre, les relations conflictuelles entre le président Trump et Kim Jong-un avaient causé un certain trouble dans l’opinion américaine – volontiers survivaliste – et l’opinion internationale.

The New York Times du 24 septembre avait fait paraître un article humoristique (noir) qui avait pour titre : « Essentials for the Apocalypse ».

Premières constatations :

Après la catastrophe, il n’y a plus d’électricité, les supermarchés sont pillés, il n’y a plus aucune ressource, nous sommes au bord de l’effondrement.

Que faire ?

A part un médicament contre l’anxiété, il faut se préoccuper d’avoir un sac de survie prêt à l’emploi. 

Que contient le sac ?

Des provisions de type rations militaires pour 72 heures, des tablettes de purification pour l’eau, un kit de réchauffement pour 20 heures.

On peut y ajouter un ruban-scie pour couper de petits arbres, un petit nécessaire de toilette homme/femme et une trousse de secours.

Certains recommandent aussi des rouleaux de pièces en argent et en or, et des petites bouteilles d’alcool pour les échanger contre d’autres biens. 

En cas de conflit atomique, il ne faut pas oublier un compteur Geiger pour la radioactivité ambiante, (si on n’est pas déjà totalement irradié). 

Que contient un sac de survie « dur » (hors armes classiques), conseillé dans un livre par un ancien des Seals (groupe d’opérations spéciales de l’armée américaine) ?

Il conseille un parapluie pointu pour se défendre, au cas où. Des couteaux, des marteaux et d’autres outils plus ou moins tranchants. Un lance-pierres. Un pistolet de paint-balls dont les balles sont au poivre. Le livre détaille les cent instruments courants pouvant servir à se défendre.

Les survivalistes recommandent aussi de manger du lapin (non radioactif), dont la viande est très protéinée et peu grasse. 

En cas d’extinction de la race humaine, certains veulent envoyer préventivement dans l’espace un large échantillon d’ADN humain, pour que d’hypothétiques extraterrestres les trouvent et ressuscitent l’homme sur une nouvelle planète. (Une excellente idée, histoire de recommencer ailleurs l’Apocalypse.)

Alors, prêts pour l’Apocalypse ? 

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Etats-Unis (1 septembre – 24 septembre) – 20

Derniers jours : Las Cruces – Wilcox (Arizona) – Tucson. Willcox petite ville perdue le long de l’autoroute 10, vaut le détour. C’est la ville du Cowboy chantant, Rex Allen (1920-1999). Il tourna dans des westerns, catégorie « nanars », où il chantait des chansons immortelles, dans le genre : « Strawberry Roan », « Sparrow in the Treetop ». (Bistroman va adorer). Un bled où on meurt d’ennui après avoir fait des photos et la boutique de vêtements « Bealls Outlet », style années 50.

FIN.

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Ce camion répandait de fortes odeurs du bétail qu’il avait transporté. Le charme des villes de province.

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Willcox s’est développé sur la voie de l’Union Pacific Railroad (anciennement Southern Pacific).

Etats-Unis (1 septembre – 24 septembre) – 19

Après Gallup, le voyage se poursuit au Nouveau Mexique (drapeau jaune), vers Las Cruces, via Albuquerque. Au nord de Las Cruces, il existe un Fort Selden qui servit, sur le chemin de Santa Fe, de point de ravitaillement/entrepôt et d’endroit sûr contre les incursions apaches. Les soldats et les officiers et leurs femmes s’y ennuyaient ferme. C’était le principal problème. On se ballade dans les ruines avec une ombrelle japonaise prêtée par le musée.

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