Flac-flac

Tante Germaine : Tu aurais pu me prévenir que tu changeais de blog ! Dans le nouveau, tu joues les commentaires à la baisse en ne gardant que quelques blogueurs triés sur le volet. Il est vrai que certains commentaires valaient leur pesant de cacahuètes.

Moi : Des noms ! Des noms !

Tante Germaine : Pour quelques écrivains, leurs livres se mesurent au mètre. Tu recules encore l’échéance de ton premier mètre.

Moi : Lorsque j’écris un billet, le flac-flac des mots produit un massage de mon esprit et je m’endors sur le clavier ; d’où ma faible productivité.

Tante Germaine : Tu n’as pas la moindre idée de ce que c’est qu’écrire un billet. Ne fais pas ton fanfaron !

Moi : Je vois mon état empirer. L’hébétude me gagne.

Tante Germaine : Maintenant,  tu mentirais si tu prétendais ne pas regretter d’avoir tué symboliquement des commentateurs !

Moi : L’atmosphère générale de notre conversation devient moite. Hercule Poirot fera-t-il toute la lumière sur le motif de mes crimes symboliques ?

Tante Germaine : Bon, la page est définitivement tournée. Ton malheur tient à son incapacité d’émancipation littéraire.

Moi : How much enough is enough ? (combien assez est assez ?)

Tante Germaine : Voudrais-tu évoquer le poids sur ton esprit, du Goncourt que tu n’auras jamais ? Il est vrai qu’il y a des écrivains à qui il n’est jamais rien arrivé.

Moi : Je te promet que je ne pleure pas tant que ça. Je devrais peut-être prendre des cours du soir, pour avoir le Goncourt.

Tante Germaine : Que c’est beau ces cours imaginaires ! Ne cherche pas à dissimuler ton manque de talent.

Moi : J’ai l’impression d’être K. dans « Le Procès ».

Belle journée !

Sue_Jardin

Calme et sérénité.

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Projet limace – 2

« Mon âme est pleine de vertige, / C’est la fleur dont le moindre vent, / Fait balancer, ployer la tige,/ Sous son caprice captivant. »

Monsieur Møøchagøø lisait un poème à sa limace. Il l’avait trouvé sur une carte postale galante de 1913.

La limace, en pleine forme, négligeait toutes les incitations de Monsieur Møøchagøø à déjouer les pièges du labyrinthe où elle était installée. Elle n’était pas non plus sensible à la poésie galante.

Je lui glissais que le cerveau d’un limace doit être assez limité, et facilement troublé par ce qu’il perçoit des mouvements humains, s’il les perçoit, ce dont je doutais.

Monsieur Møøchagøø me regarda d’un air de rocker sophrologique diffracté et lança : « Seeing is what it is, and not another thing. » *

Je lui proposais de montrer à la limace le Cube de Necker :

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Le cerveau humain n’arrive pas à décider si l’étoile se trouve en avant ou en arrière.

J’estimais que la limace pourrait être troublée en regardant cette image. Aurait-il, par un ingénieux dispositif, réussi à déterminer le degré de trouble d’un limace ?

Il m’a regardé un long moment : « En ce qui vous concerne, en un certain sens rien n’a changé, et en un autre, tout a changé. »

Lorsque je suis parti, Monsieur Møøchagøø avait trouvé pour sa limace, une nouvelle lecture « stimulante » : « Questions disputées sur la Métaphysique », de Duns Scot**.

Belle Journée !

* Citation favorite du philosophe Wittgenstein.

** Questions rédigées vers 1300.

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Picotements

Randonnée du Dimanche 25 Août 2013. Forêt de Fontainebleau. 18km.

Entre deux gouttes de pluie, je me récitais un poème de Ventricule Gauche, mon poète préféré: « Charpentier des orages / je cloue les gouttes de pluies / Touché à l’avant-garde du hasard / J’affronte le vertige / des convictions à l’envers. »

Monsieur Møøchagøø pensait être victime d’un émoi du cerveau en raison d’une hésitation cornélienne entre deux pensées. Il refusa de m’en dire plus.

Je pensais quand à moi, alors que la pluie gagnait en intensité, que nous allions être humides. Ma voisine aurait ajouté : « Les choses sont ainsi et on n’y peut rien. »

« Excès d’étrangeté« , continuait Monsieur Møøchagøø, « vous voyez, ces pensées qui descendent au fond de nous, créent comme un excès d’étrangeté. »

Non, je ne voyais pas du tout, et observais les rochers de la zone du « Rocher Cassepot », sculptés par la période glaciaire et ravinés par la pluie. 

Ma voisine, là encore, aurait dit : « Goutte à goutte, l’eau creuse la pierre. » Un proverbe, hélas, trop souvent oublié.

Nous nous étions installés pour déjeuner, sous un chêne qui nous protégeait de la pluie. Seules quelques gouttes tombaient dans nos gobelets de vin.

Tout n’était que luxe, calme et volupté.

Robert Musil dans « L’homme sans qualités » parle, d’ « un picotement pareil au sentiment du néant. » C’est ce qu’éprouvait précisément Monsieur Møøchagøø, des picotements dus à un intense sentiment de néant.

Dieu merci, les picotements du néant n’empêchent pas de marcher, ni la pluie de tomber.

Belle journée !

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