Pluie (pour leodamgan)

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Aquarelle

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Vents et pluie

Dimanche 27 octobre 2013. Randonnée en Forêt de Fontainebleau. 18km.

En descendant du train, il y eut un vent à décorner zebeux. Le zebeu et un animal d’Afrique du Sud avec des cornes, car, sans cornes, un vent à décorner ne serait pas crédible.

Ma voisine m’a d’ailleurs dit à ce sujet : « Un vent qui n’est pas crédible, rend incrédule. » Il me faut encore du temps, pour saisir toutes les subtilités de cette affirmation.

Il y eut aussi une pluie diluvienne du genre qui mouille les bas de pantalon et infiltre les chaussures.

Monsieur Møøchagøø récitait du Chateaubriand : « L’automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j’entrai avec ravissement dans le mois des tempêtes. Tantôt j’aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes.. »

Soudain, les vents, les nuages et les fantômes furent transpercés par les rayons du soleil, pendant que le ciel bleu s’annonçait à l’Ouest.

Cette lumière inspira à nouveau Monsieur Møøchagøø, qui se mit à chanter à lui tout seul les paroles du chœur d’esprits célestes, dans la Damnation de Faust* : « Remonte au ciel, âme naïve / Que l’amour égara / Viens revêtir ta beauté primitive /Qu’une erreur altéra. / Viens ! les vierges divines, Tes sœurs, les Séraphines / Sauront tarir les pleurs / Que t’arrachent encore les terrestres douleurs. »

Je réprimais mes sanglots devant la beauté d’un tel chœur. Nous avons croisé une vingtaine de randonneurs qui nous dirent bonjour, étonnés des débordements lyriques de Monsieur Møøchagøø.

Il n’y eut plus de pluie. Presque toutes les fougères avaient pris leur couleur d’hiver. Nous avons déjeuné en haut d’un massif rocheux, avec une vue à dix km.

Ce fut une belle journée.

* Mémoires d’Outre-Tombe.

** Berlioz.

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Bavardages de sacristie

Tante Germaine : Tes billets me font penser aux livres d’une bibliothèque avec des pages blanches. Cela me rend malheureuse, crois-moi.

Moi : Tu serais malheureuse de ne pas être malheureuse, n’est-ce pas ?

Tante Germaine : Epargne moi tes bavardages de sacristie sur mon malheur !

Moi : J’essaie de décrire correctement tes états d’âme.

Tante Germaine : Valery disait que si un philosophe veut résoudre ses problèmes, il doit d’abord procéder à un « nettoyage de la situation verbale ». Me suis-je fait comprendre ?

Moi : Mes billets n’ont pas une grande importance. Il faut regarder les choses en face. Alfred Kubin dit dans sa biographie : « Le caractère éphémère de tout ce qui existe ici-bas est quelque chose d’éminemment horrible ; y penser froidement, mais en cherchant ce qu’il y a de bon, exige un authentique héroïsme. »

Tante Germaine : Toi, héroïque ? Ne cède pas à une représentation chimérique de toi-même.

Moi : Je vois que je ne suis pas sorti de l’auberge !

Tante Germaine : Ah, quand tu te réveilles, cela hausse le débat.

Moi : N’exige pas de mon blog qu’il soit ton jardin d’agrément. Mon vœu serait d’avoir un blog moyen.

Tante Germaine : Je vais préparer du thé avec une larme de whisky et relire Virginia Woolf, ça va me consoler.

Belle journée !

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Virginia Woolf par Roger Fry.

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