Légers contretemps

Dimanche 30 mars 2014 – Randonnée en Forêt de Versailles (côté Petit Jouy), Bois du Pont Colbert, Forêt de Meudon, Forêt de Fausses Reposes.

Monsieur Møøchagøø m’avait dit : « Y a pas de lézard, ça va être une bonne petite randonnée, il va faire beau et chaud. »

A la gare d’Antony, la RATP a annoncé que la rame n’irait pas plus loin que Laplace, en raison d’un accident grave de voyageur à Cité Universitaire.

Monsieur Møøchagøø m’a dit : « Pas de soucis, on prend le bus 197, dans trois stations, à Bourg-La-Reine, et puis le métro de Porte d’Orléans jusqu’à Châtelet. »

Quand, au bout d’un quart d’heure d’attente, le bus 197, bondé, est passé sans s’arrêter, et que le suivant était annoncé trente minutes après, Monsieur Møøchagøø, qui avait consulté la carte de randonnée, m’a dit : « Tout va bien. On reprend le RER en sens inverse, de Bourg-La-Reine jusqu’à Massy Palaiseau. »

Nous sommes repassés à Antony, et avons traversé la grande passerelle de Massy Palaiseau, pour attraper le train de Versailles qu’il fallut attendre..vingt minutes.

Monsieur Møøchagøø m’a dit : « Malgré ces légers contretemps, nous descendrons à Petit Jouy avant Versailles, et rejoindrons la Forêt de Meudon par la Forêt de Versailles et le Bois du Pont Colbert. »

Lorsque nous avons commencé notre randonnée avec une heure de retard, Monsieur Møøchagøø chantait : « T´as voulu voir Hambourg, Et on a vu Hambourg, J´ai voulu voir Anvers, On a revu Hambourg, J´ai voulu voir ta sœur, Et on a vu ta mère, Comme toujours.. »

Nous avons croisé des randonneurs qui promenaient leurs téléphones et leurs chiens.  Ils contemplaient l’écran du téléphone avec un air extatique. En quelques années, promener son téléphone est devenu une activité à la mode ; le chien n’est là que pour accompagner le téléphone.

Monsieur Møøchagøø m’a assuré qu’il avait lu sur un forum des questions pratiques du genre : « Lorsque l’on prie devant son téléphone, doit-on le vénérer posé sur une nappe, avec un un récipient pour faire brûler de l’encens?« . Il a même lu un article de journal très amusant : « Une femme promenait son téléphone et son chien dans la ville de X. Deux hommes lui ont – contre toute attente – dérobé son chien avant de prendre la fuite. La pauvre femme, qui en fut quitte pour la peur, a dit que les voleurs pouvaient garder le chien. »

Ce fut une belle journée, chaude et presque sans soleil. Nous avons repris le train à Chaville-Rive-Droite pour aller voter.

 

 

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Les secours de la religion

En passant

øchagøø : Vous m’avez dit : « Lorsque j’écoute la musique de Georges Delerue, j’ai toujours l’impression d’avoir perdu quelque chose au plus profond de moi, que jamais je ne retrouverai. » Cela avait-il une connotation religieuse ? Vous parliez de votre âme ?

Moi : Content de voir que vous faites un commentaire à retardement.

øchagøø : J’avais mes raisons de ne point en faire. Peut-être attendez-vous les secours de la religion pour retrouver ce qui est perdu au plus profond de vous??

Moi : A notre époque, ce serait plutôt la religion qui aurait besoin de secours.

øchagøø : Au XVIIème siècle, le parti des dévots vous eut envoyé à la Bastille pour ce genre d’affirmation.

Moi :  Pour en revenir à ma phrase du début « Lorsque j’écoute la musique de Georges Delerue… », il y a une façon de manger un œuf à la coque qui pourrait vous donner la réponse.

øchagøø : Là vous m’avez eu. Vous éludez mes questions, et me faite penser à ceux qui ne peuvent se résoudre à choisir entre deux paires de chaussettes noires.

Moi : Tel Orphée, je pourrais descendre au fond de mon moi pour tenter d’arracher à l’oubli ce quelque chose que j’ai perdu. « Tu trouveras à gauche de la demeure d’Hadès une source [Léthé : Oubli] près de laquelle se dresse un cyprès blanc. De cette source ne t’approche surtout pas. Tu trouveras une seconde source, l’eau froide qui coule du lac de Mnémosyne [Mémoire].. » *

øchagøø (en aparté) : « S’il faut parler des gens extravagants, / Je viens d’en essuyer un des plus fatigants. » **

* Lamelles d’or orphiques. Instructions pour le voyage d’outre-tombe. (Vème siècle avant notre ère).

** Le Misanthrope, Molière.

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Image de Goro Fujita http://gorosart.deviantart.com/

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Cinéma

Moi : Dans le film Le Mépris *, de Jean-Luc Godard, lorsque j’écoute la musique de Georges Delerue , j’ai toujours l’impression d’avoir perdu quelque chose au plus profond de moi, que jamais je ne retrouverai.

øchagøø : …

Moi : Godard, c’est aussi le seul metteur en scène qui a su diriger Brigitte Bardot. Dans un scène entre Jack Palance, Michel Picolli et Brigitte Bardot, celle-ci interroge Picolli sur son retard, elle est filmée de dos et la caméra avance vers son visage. Elle lance à Picolli un regard de côté, bouleversant, qui à lui seul exprime le mépris et annonce une rupture, qui provoquera son départ avec Jack Palance ; un regard à couper le souffle.

øchagøø : …

Moi : Il existe un autre film qui vous laisse sans voix, c’est Allemagne année zéro, de Roberto Rossellini, tourné dans Berlin en ruine peu après la guerre. On y voit à vers la fin du film, un jeune garçon livré à lui-même – la société civile a presque disparue – qui court dans les ruines pendant un long moment. Il monte en haut d’un immeuble dévasté, en prenant des risques. Il observe tranquillement les gens qui cherchent à survivre avec de petits boulots. Soudain il saute dans le vide, alors que rien ne le laissait prévoir. Une femme accourue ne peut que constater sa mort. Nous n’aurons aucune explication, car le mot FIN apparaît.

øchagøø : …

Moi : Je connais encore autre film profondément émouvant, c’est un film de Karl Dreyer, Ordet. Un jeune paysan simple d’esprit qui, poussé par une petite fille qui a deviné son pouvoir, finit par ressusciter sa belle sœur morte en couche. Une des plus belles scènes de résurrection du cinéma qui – même si vous n’y croyez pas, puisque c’est du cinéma – vous laisse dans un état second.

øchagøø : …

Moi : Merci de vos commentaires silencieux.

* http://www.youtube.com/watch?v=pSZSkxEA_Y4

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Le Mépris.

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Allemagne année zéro.

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Ordet.

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Poussière

øchagøø (déclamant la tirade d’Hamlet) : « Mourir… dormir, rien de plus ;… et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir… dormir, dormir ! peut-être rêver ! » 

Moi : Aïe ! Votre moral est à nouveau en berne.

øchagøø : A la fin, il ne restera plus que les mots ; ce que nous avons vécu aura disparu.

Moi : Je vous félicite pour cette superbe phrase.

øchagøø : Merci pour votre solidarité. Je suis certain qu’il y a un « mais ».

Moi : Pas du tout, je vais même aller dans votre sens : «Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière.» Genèse (3, 19).

øchagøø : Poussière…je me sens comme une œuvre inaboutie ou comme votre Sainte Vierge lumineuse qui n’éclairait finalement pas grand chose.

Moi : Oui, mais la poussière est recyclable éternellement.

Belle journée.

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« Vanitas vanitatum omnia vanitas. »

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Picotements

Dans le Monde du 18 mars 2014, il y a une information étonnante : « 1 500 personnes ont pris d’assaut le village belge de Sart-Station pour apercevoir la « Vierge lumineuse ». Certains ont ressenti des « sensations étranges » et des picotements. » *

Je mes suis souvenu que lorsque j’allais au catéchisme, j’avais eu droit comme récompense à la fin des séances, à une Sainte Vierge lumineuse de 20cm de haut. Elle était lumineuse après l’avoir placée sous une lampe. C’était le même principe que les montres à chiffres lumineux.

Je ne me souviens pas d’avoir éprouvé de picotements ou de sensations étranges. En tous cas je n’ai pas aperçu 1500 personnes à la porte.

La Sainte Vierge lumineuse a finie par se casser, et a été probablement jetée à la poubelle.

Je dois avouer que, la nuit, la lueur fantomatique me faisait peur. J’avais fini par la ranger dans un tiroir.

Il faudra un jour étudier ces picotements religieux, et voir si les mystiques en témoignent. Thérèse d’Avila a-t-elle eu des picotements quand les flèches divines la traversaient ?

* http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/18/belgique-ils-ont-vu-la-vierge-dans-le-garage_4384786_3214.html

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Vierge belge lumineuse. (image AFP).

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Patchwork

Randonnée du dimanche 16 mars 2014 en Forêt de l’Isle-Adam – 20 km.

Pendant que nous longions l’Oise, Monsieur øchagøø récitait un poème – L’Horloge arrêtée – de Marceline Desbordes-Valmore : « Horloge d’où s’élançait l’heure / Vibrante en passant dans l’or pur, / Comme l’oiseau qui chante ou pleure / Dans un arbre où son nid est sûr, / Ton haleine égale et sonore / Dans le froid cadran ne bat plus : / Tout s’éteint-il comme l’aurore / Des beaux jours qu’à ton front j’ai lus ? »

Je lui demandais pourquoi ce subit intérêt pour un poétesse bien oubliée. Il me répondit qu’il avait été ému en lisant cette phrase de la poétesse, « A vingt ans, des peines profondes me forcèrent à renoncer au chant, parce que ma voix me faisait pleurer », et du coup s’était intéressé à sa poésie. Elle fut admirée de Verlaine.

Si Monsieur Moochagoo avait appris d’autres poèmes de Madame Desbordes-Valmore, la journée allait être dure. 

Dieu merci il continua avec Jules Laforgue : « Un couchant mal bâti, suppurant du livide ; Le coin d’une buanderie d’une tuile sale ; En plein, le Val de Grâce, comme un qui préside ; Cinq arbres en proie à des mesquines rafales.. »

Monsieur øchagøø était en désaccord avec ma manière d’écrire. Il préférait comparer l’écriture à « la fabrication d’un patchwork de mots, de phrases et de citations, sans compter les lieux communs..important les lieux communs ! »

Nous déjeunions au Rond de l’Isle Adam, installés sur une table de pique-nique située de telle façon que nous étions comme devant une scène de théâtre. Nous avons vu passer des familles agitées, des randonneurs, des cyclistes qui s’arrêtaient  sur un banc en pierre en échangeant impressions et propos de circonstances.

J’expliquais à Monsieur øchagøø que le lieu commun est dangereux. Il avait poussé le jeune Werther au suicide romantique. Puis, par ricochet, il y eut une vague de suicides après la lecture des « Souffrances du jeune Werther. » ( Goethe).

Nous avons croisé un groupe de randonneurs d’un grand club de l’Ile de France. Chaque randonneur déjeunait dans son coin en ignorant les autres. Bonne ambiance..

Nous nous sommes hâtés vers l’Isle Adam.

Belle journée !

 

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Amour et reblochon

Moi : Connaissiez-vous ce remède donné par Flaubert dans Salammbo ? Il suffit de passer « autour du cou un collier d’ambre avec des dents de dauphin, pour bannir les terreurs. »

øchagøø (chantant) : « E lucevan le stelle / Ed olezzava la terra / Stridea l’uscio dell’orto. » *

Moi : Je vois d’après votre humeur que vous hésitez toujours entre l’amour et le reblochon.

øchagøø : « Ignoramus et ignorabimus » **

Moi : Vous ne daignez pas répondre à mes questions ! 

øchagøø : Vous m’avez troublé depuis que vous m’avez dit que l’amour c’est du baratin

Moi : Pour vous distraire de votre trouble – vous allez rire – un des personnages de Robert Musil dans « L’homme sans qualité », affirme que, « La seule femme demeurée pure est celle qui fait décapiter ses amants. »

øchagøø : Quel cynisme !

Moi : Je fais pourtant mes billets de la meilleure manière qui soit, avec un tas de mots et de phrases. Après, je fais du trampoline avec les mots et le phrases, et, hop, le texte apparaît. Simple et efficace !

Belle journée !

* « Les étoiles brillaient, la terre embaumait, la porte du jardin grinça » (Tosca de Puccini).

** « Nous ne savons pas et nous ne saurons pas », Emil Du Bois-Reymond, physiologiste allemand.

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Salomé.

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