Patchwork

Randonnée du dimanche 16 mars 2014 en Forêt de l’Isle-Adam – 20 km.

Pendant que nous longions l’Oise, Monsieur øchagøø récitait un poème – L’Horloge arrêtée – de Marceline Desbordes-Valmore : « Horloge d’où s’élançait l’heure / Vibrante en passant dans l’or pur, / Comme l’oiseau qui chante ou pleure / Dans un arbre où son nid est sûr, / Ton haleine égale et sonore / Dans le froid cadran ne bat plus : / Tout s’éteint-il comme l’aurore / Des beaux jours qu’à ton front j’ai lus ? »

Je lui demandais pourquoi ce subit intérêt pour un poétesse bien oubliée. Il me répondit qu’il avait été ému en lisant cette phrase de la poétesse, « A vingt ans, des peines profondes me forcèrent à renoncer au chant, parce que ma voix me faisait pleurer », et du coup s’était intéressé à sa poésie. Elle fut admirée de Verlaine.

Si Monsieur Moochagoo avait appris d’autres poèmes de Madame Desbordes-Valmore, la journée allait être dure. 

Dieu merci il continua avec Jules Laforgue : « Un couchant mal bâti, suppurant du livide ; Le coin d’une buanderie d’une tuile sale ; En plein, le Val de Grâce, comme un qui préside ; Cinq arbres en proie à des mesquines rafales.. »

Monsieur øchagøø était en désaccord avec ma manière d’écrire. Il préférait comparer l’écriture à « la fabrication d’un patchwork de mots, de phrases et de citations, sans compter les lieux communs..important les lieux communs ! »

Nous déjeunions au Rond de l’Isle Adam, installés sur une table de pique-nique située de telle façon que nous étions comme devant une scène de théâtre. Nous avons vu passer des familles agitées, des randonneurs, des cyclistes qui s’arrêtaient  sur un banc en pierre en échangeant impressions et propos de circonstances.

J’expliquais à Monsieur øchagøø que le lieu commun est dangereux. Il avait poussé le jeune Werther au suicide romantique. Puis, par ricochet, il y eut une vague de suicides après la lecture des « Souffrances du jeune Werther. » ( Goethe).

Nous avons croisé un groupe de randonneurs d’un grand club de l’Ile de France. Chaque randonneur déjeunait dans son coin en ignorant les autres. Bonne ambiance..

Nous nous sommes hâtés vers l’Isle Adam.

Belle journée !

 

un  compteur pour votre site 1870071203. (Messagerie : ekand4460@yahoo.fr).

Publicités

5 réflexions au sujet de « Patchwork »

  1. Oui méfiance avec les lieux communs . Ce sont d’excellentes cachettes !!!
    Cette histoire de « sa voix qui fait pleurer » , ça m’arrivait quand j’étais gamine mais rien à voir avec de la tristesse ou de la poésie , c’était purement physiologique , dés que j’improvisais des airs , ça coulait des yeux , je n’ai jamais compris le truc. 😆

  2. Un petit coup d’Appolinaire pour faire passer Marceline?
    .
    Je connais gens de toutes sortes
    Ils n’égalent pas leurs destins
    Indécis comme feuilles mortes
    Leurs yeux sont des feux mal éteints
    Leurs cœurs bougent comme leurs portes
    .
    Ou, contraire cela passe-t-il encore plus mal?

  3. Il me revient en mémoire cette chanson « Les séparés » que Julien Clerc interprétait … Comme j’aime toute forme de poésie, je ne peux que l’apprécier avec certaines limites tout de même.
    beaucoup de critique à son encontre mais louée par deux poètes comme Rimbaud et Baudelaire

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s