Prothèse vélocipédique

Je lisais distraitement le magasine « New Yorker » du 28/4/2014 en me grattant le bout du nez, lorsque je tombais sur le début d’un article de Michael Kinsley, assez paradoxal :

« And almost anyone else is better positioned than you are to write about the foreign land between your ears. You are the person least qualified to be writing about changes in your own brain, since you need your brain to comprehend those changes. It’s like trying to fix a hammer by using the hammer you’re trying to fix.« 

(Et presque tout le monde est mieux placé que vous pour parler de la terra incognita qui se situe entre vos deux oreilles. Vous êtes la personne la moins qualifiée pour décrire les changements d’humeurs à l’intérieur votre propre cerveau, car vous avez besoin de ce cerveau pour comprendre ces changements. C’est comme essayer de réparer un marteau, en utilisant le marteau que vous essayez de réparer.)

J’abandonnais aussitôt mes spéculations sur l’idée de penser à une idée et sur la pensée de l’idée de penser (IPI et PIP). Au passage, je remarque que l’idée de penser vient de plus en plus rarement aux dévots extatiques du téléphone.

Notre propre cerveau étant ainsi pour nous une terra incognita, je me suis toujours demandé s’il n’y avait pas, là dedans, une de ces terribles jungles où les idées (si on en a) luttent pour la survie. Les idées qui n’ont pas réussi à survivre, sont-elles mangées par quelques êtres immondes, vivants dans la fange de notre cerveau ?

Lorsque nous avons des idées, y a-t-il des snipers qui chargent leurs armes sophistiquées, et les visent pour nous égarer ?

Lorsque j’eus expliqué mes pensées à Monsieur Møøchagøø, il me considéra comme une « prothèse vélocipédique. »

Belle journée !

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« ..les idées luttent pour la survie.. »

 

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Idées

J’étais en train de lire le titre d’un livre : « Everything begins with an idea » (Tout commence par une idée). Ce titre me laissait songeur, car ma voisine m’a souvent affirmé : « Moi, en tous cas, je n’ai jamais aucune idée quand on me demande d’en avoir une. »

Monsieur Møøchagøø me regarda avec son air du genre : « Bert, on a un souci! », (je ne connais aucun Bert, mais je me comprend). Il m’expliqua : « Je ne me sentirais pas en confiance avec quelqu’un qui m’affirme qu’il n’a aucune idée. Car il a au moins une idée, c’est de n’en avoir aucune. »

Depuis qu’il m’a mis cette idée en tête, que de n’avoir pas d’idée est une idée, j’essaie d’harmoniser les parties de mon esprit qui tirent à hue et à dia.

En désespoir de cause, je demandais à Monsieur Møøchagøø de préciser sa pensée. Il soupira : « C’est pourtant simple, certaines personnes ne savent pas ce que le mot « idée » veut dire, et s’ils pensent qu’ils n’ont pas d’idées, c’est à peu près comme s’ils ne voyaient pas un fantôme traverser un océan de silence. »

Je n’ai rien dit, mais mon esprit – à l’intérieur de moi-même – faisait « hou, hou » en sanglotant.

Et puis, tout d’un coup, je me dis quelque chose comme, « Bert, calme-toi ! », car je me rappelais que le livre, « Everything begins with an idea », n’avait que des pages blanches, et aucun auteur.

Belle journée !

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Petites particules de pus

Lundi 21 avril 2014. Randonnée en Forêts de Ferrières et d’Armainvilliers. 18km.

Le lundi de Pâques est recommandé à ceux qui veulent être tranquilles en forêt.

Mais vous ne serez pas tout seuls. Vous « ramasserez » des centaines de minuscules chenilles suspendues au bout de leur fil de soie. Il faut périodiquement les enlever de la veste, du sac et des cheveux (en évitant de les écraser dans les cheveux).

Contrairement aux prévisions, il a plu très peu, des gouttes éparses, jusqu’à une heure de l’après-midi.

Monsieur Møøchagøø a aidé trois cueilleuses de muguet, perdues dans la forêt profonde. Elles ne savaient plus où était leur voiture, et partaient dans le mauvais sens. S’il n’avait pas eu un coup de téléphone après les avoir renseignées, nous y serions encore…

Je venais de lire juste avant le déjeuner un passage d’une lettre de Kafka à Max Brod (10-03-1921) : « Quelle horreur de devoir être assis devant un malade du larynx…qui te regarde avec ses yeux transfigurés de pulmonaire et qui te tousse en plein visage, entre ses doigts écartés, des petites particules de pus de ses abcès tuberculeux. »

Doué d’une imagination assez vive, je sentis un léger dérangement au niveau de l’estomac.

Monsieur Møøchagøø s’offrit à combattre ce genre de dérangement par la poésie : « Au détour d’un sentier une charogne infâme / Sur un lit semé de cailloux, / Les jambes en l’air, comme une femme lubrique, / Brûlante et suant les poisons, / Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique / Son ventre plein d’exhalaisons. » (Baudelaire).

Ma voisine soupirerait : « On n’est pas aidé ! ».

 

 Belle journée !

 

 

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Emotions

Dans les coulisses de l’émission du soir de Cancanie+, le fameux présentateur Antoine, vêtu de la toge sacrificielle, brule de l’encens et verse une coupelle de vin sur des  cendres parfumées.

Il baisse les yeux et n’ose regarder la déesse Emothaa, déesse des Grandes et Petites Émotions, car il sait que le bon déroulement de l’émission est entre ses mains divines. La statue de la déesse est imposante, et domine le présentateur de ses trois mètres de hauteur.

Il attend respectueusement que la déesse « accepte » ses offrandes.

Puis il enlève sa toge et pénètre dans la salle où se tient l’émission, applaudit par le public.

Après les présentations d’usages, il accueille l’invité du jour Paul Pépin.

Antoine : Mon cher Paul Pépin vous avez écrit un livre : « Comment j’ai écrasé une limace, et la honte qui s’ensuivit. » C’est aussi un énorme succès d’édition, il s’est vendu à plus de 300.000 exemplaires.

Paul Pépin : J’avoue que je ne m’y attendais pas.

Antoine : Ne soyez pas modeste. J’ai littéralement dévoré votre livre de la première à la dernière page. C’est une expérience bouleversante.

Paul Pépin (bredouillant) : Oui, heu, heu…

Antoine (le regard solennel) :  Maintenant, c’est le moment de vous poser la question que notre public attend : Avez-vous ressenti de l’émotion en écrasant cette limace ?

Paul Pépin : J’ai été terrassé par une émotion incoercible. Je tremblais de tous mes membres.

Antoine (soulagé) : Je demande au public d’applaudir Monsieur Pépin pour cet aveu sublime. (Levant les yeux au ciel). Ô Déesse, reçoit cette émotion en offrande !

Paul Pépin : Et j’ai eu honte..

Antoine (pressé) : Nous vous remercions Monsieur Pépin pour toute cette émotion. Et maintenant, nous applaudissons notre nouvel académicien Monsieur…

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Déesse des Grandes et Petites Émotions.

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Personnages

Dimanche 13 avril 2014 – Randonnée en Forêts de Ferrières et d’Armainvilliers – 19 km

En sortant de la gare de Gretz-Armainvilliers, une personne qui descendait du train avait dit : « Je veux bien te prêter mon porte-monnaie vide. »

J’avais décidé de retenir ce personnage pour mon billet, puis y avais renoncé.

Kafka, dans sa lettre du 14-11-1912 à Max Brod, constatait : « J’ai terminé hier le chapitre six en me faisant violence.. : j’ai effacé deux personnages qui auraient du y apparaître. Pendant tout le temps où j’ai écrit [ = continué à écrire ], ils m’ont couru après.. ».

Pour moi, ce fut pareil, le personnage du train m’a couru après, et m’a forcé à mentionner sa phrase.

C’est dur la vie d’auteur de billets ; on n’est pas libre.

Monsieur Møøchagøø après m’avoir regardé comme si j’étais un Bolo Occidental* de troisième catégorie, m’a informé que Michelet considérait son journal comme, « mon âme de papier. » 

« Considérez votre blog comme votre âme de papier, et n’hésitez pas à éliminer les personnages secondaires, par la force, s’il le faut. Du courage, que diantre ! »

Le lecteur aura constaté que je n’ai pas eu ce courage, ma gentillesse me perdra.

Nous avons dérivé imprudemment sur Dieu. Si Dieu intervient dans un billet, peut-il être considéré comme un personnage qu’on peut supprimer. Et si après, si Dieu vous court après, comment lui résister, hein ?

Que n’avais-je pas dit ! Monsieur Møøchagøø a appelé à la rescousse Duns Scott et son ouvrage, « Sur la connaissance de Dieu et l’univocité de l’étant ». Encore une fois, je ne ferais pas l’injure à mes lecteurs de développer la pensée de Duns Scott, si connue du grand public.

La discussion fut houleuse, et ne fut interrompue que par les attaques incessantes de killer mosquitos, forts nombreux en ces forêts.

Nous avons déjeuné sur une île minuscule située au milieu d’un étang (sans univocité), accompagné d’un vin blanc de Savoie.

Le soleil n’a pas vraiment fait son apparition.

Belle journée !

* Personnage canin, inventé par Brétécher.

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Cardamine des prés, en grandes quantités le long des chemins.

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Pitrerie !

Tante Germaine : Quelle pitrerie ce billet sur Mars, je suis outrée !

Moi : Ce cri sublime exprime-t-il ton inquiétude ?

Tante Germaine : Personne ne peut croire à tes fables !

Moi : Je suis interloqué, les yeux rougis par la honte. Je vais me perdre dans de profondes méditations, et n’imaginerais plus que le paralytique marche.

Tante Germaine : Désillusion et ironie !

Moi : Même si mon billet est la stricte vérité, personne ne pensera un instant que ce soit vrai, à moins que le robot Curiosity ne tombe par hasard sur nos traces de pas. Et alors là, je ne te dis pas le bordel ! Les médias en folie !

Tante Germaine : Évite les propos grossiers, s’il te plait ! Et n’aggrave pas ton cas avec une histoire abracadabrante de traces de pas sur Mars !

Moi : Épinards, brocolis et cervelle d’agneau, emportés par la marée haute sur cet endroit de Mars, auraient-ils été plus crédibles ?

Tante Germaine :  Allez, je serais généreuse avec le dernier représentant d’une espèce en voie de disparition ; allons boire un thé avec un doigt de whisky.

Belle journée !

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Robot Curiosity sur Mars.

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