Poésie

Dimanche 19 octobre 2014. Randonnée en Forêt de St Germain. 23km.

Un peu avant d’arriver à la Forêt de St Germain, nous avons croisé un jeune homme qui avait une conversation téléphonique animée avec une fille, à propos de Facebook. Il ajouta à un moment « Je t’assure,  j’l’dis d’vant mes yeux, déconne pas ! » et répéta cette phrase.

Je supposais qu’il avait eu, sur son Facebook, quelques mots doux pour une « amie », et que sa copine en titre avait eu l’idée de jeter un oeil sur son site.

Maintenant, on ne découvre plus les lettres compromettantes d’un infidèle, mais ses imprudences sur Facebook. Autres temps, autres moeurs.

Mais ce qui m’intriguait le plus, c’était l’expression « Je le dis devant mes yeux » pour « Je le jure ». J’ai cherché vainement sur Internet, et n’ai trouvé aucun exemple.

Monsieur Moochagoo a ricané : « Cela vous apprendra à écouter des conversations téléphoniques privées. » En l’occurrence, le jeune homme braillait dans son téléphone ; on l’entendait depuis un certain temps.

Alors que cet Été, il n’y avait pratiquement personne, la partie nord de la Forêt de St Germain avait un coté Parc de Sceaux le dimanche, avec quantité de promeneurs, de coureurs et de cyclistes. L’apres-midi fut plus calme.

Monsieur Moochagoo cherchait a m’initier a un poète oublié, Jacques Delille (1738-1813): « Le doux printemps revient, et ranime à la fois / Les oiseaux, les zéphirs, et les fleurs, et ma voix. / Pour quel sujet nouveau dois-je monter ma lyre? / Ah ! Lorsque d’un long deuil la terre enfin respire, / Dans les champs, dans les bois, sur les monts d’alentour… »

Lorsque je lui dis que cette poésie, techniquement bien faite, avait un effet purgatif sur mon esprit, et ne m’enthousiasmait pas, il bougonna.

Nous avons trouvé un tronc d’arbre couché pour déjeuner, au croisement de la Route Tortue et de la Route de la Ferme.

Pour me « punir » de ne pas apprécier Dellile, Monsieur Moochagoo me récitait du William McGonagall, réputé le pire poète anglais : « Beau pont ferroviaire de Tay l’argentée ! / Hélas! Je suis désolé d’annoncer / Que quatre-vingt dix vies ont été emportées / En 1879, au dernier Sabbat de l’an / Dont on se souviendra pour un très long temps / Il était sept heure, la nuit, / Et le vent soufflait autant qu’il le puis, / Et la pluie vint se déverser, / Et les nuages noirs semblèrent se fâcher, / Et le démon de l’air parut crier, / « Je vais souffler le pont de Tay. »

Ce fut une belle journée. 

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970001210 (Messagerie : ekand4460@yahoo.fr). http://www.imingo.com/services/compteur/icptsp.php?id=Porcinet

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6 réflexions au sujet de « Poésie »

  1. Ici il fait toujours aussi chaud. Je rêve d’un automne au temps frais, au port d’un cardigan et du bruit des feuilles mortes sous mes pas.
    J’aime bien l’expression « je le dis devant mes yeux », je le traduis comme « j’atteste le ciel, les dieux » de ma sincérité 🙂

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