Un jour, il n’y eut plus grand monde – 14

Mrs Tiggy-Winckle se demandait si elle n’allait pas écrire un journal intime, bien qu’elle fusse persuadée que ce journal – dans son cas particulier – n’était pas une fin en soi, car sa vie, finalement, n’avait rien de personnel.

Pendant de longs mois, depuis leur arrivée sur cette Terre déserte, elle s’était documentée, en lisant dans la plus grande Public Library de la ville à peu près tous les livres qui s’y trouvaient.

C’était nouveau pour elle, et elle se demandait : « Qu’est-ce qu’écrire ? Peut-on écrire un journal intime, si on est en pleine santé comme une araignée métallique, avec deux cerveaux et huit yeux ? »

Lorsqu’ils avaient décidé d’aider Charlotte et les trois garçons, c’est après les avoir observé et avoir trouvé nécessaire de les aider. Cette Terre était surprenante et leur faisait remettre, chaque jour au lendemain, la mission qui leur avait été confié.

Pendant que Mrs Tiggy-Winckle se posait ces questions , Géronimo se demandait s’il fallait absolument se laver tous les jours. Il ne retrouvait plus ses odeurs habituelles.

Charlotte se demandait si un virus n’avait pas tué tous les êtres humains, sauf ceux en scaphandre et eux. Pourquoi n’étaient-ils pas morts ? Pourquoi pouvaient-ils vivre à l’air libre ? Pouquoi les hommes en scaphandre voulaient-ils les capturer ? Pourquoi les araignées métalliques voulaient-elles les aider, ou les retenir comme des prisonniers volontaires ?

 

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 13

Ils étaient tous en train de passer tranquillement la soirée dans la grande salle des tableaux classiques du Museum of Fine Arts de la ville.

Steve et Lucas râlaient parce qu’il n’y avait pas de télévision pour regarder encore, « Kiss and kill ». (De toutes façons, Charlotte eut mis son véto).

Geronimo râlait parce qu’il avait du se laver, ce qu’il n’avait pas fait – ou très partiellement – depuis un an.

Charlotte râlait car elle avait du recommencer à se tricoter un doudou.

La grande araignée semblait assoupie.

Mrs Tiggy-Winckle râlait intérieurement, car, dans Les Provinciales de Pascal – son livre de chevet – elle avait lu des phrases difficiles à appréhender : « Je ne vois pas comment il se pourrait faire que ce qui paraît permis dans la spéculation, ne le fut pas dans la pratique, puisque ce qu’on peut faire dans la pratique dépend de ce qu’on trouve permis dans la spéculation, et que ces choses diffèrent l’une d’autre  que comme l’effet de la cause. D’où il s’ensuit qu’on peut en sureté de conscience suivre dans la pratique les opinions probables dans la spéculation. » (Escobar, jésuite).

Elle avait nettement préféré le passage sur les grenouilles : « C’est ainsi que Dieu, qui est juste, donne aux grenouilles de la satisfaction de leur chant. » (François Garasse, jésuite). La nature de Dieu lui posait un problème qu’elle repoussa à plus tard.

Après les dramatiques événements de la journée, il était apparu raisonnable de ne pas retourner dans le centre commercial, en raison du danger que représentaient les hommes en scaphandres.

Mrs Tiggy-Winckle les avait conduit à une heure de là, en pickup, au Museum of Fine Arts, un bunker en béton à la géométrie improbable.

Quelques incursions alentour leur avaient permis de trouver des provisions intactes, dont Charlotte avait fait la liste : du blé, du riz blanc, du maïs, du sucre, des haricots rouges, des flocons d’avoines, des pâtes, des flocons de pommes de terre, des pommes séchées, du lait en poudre et des carottes déshydratées.

Et, cerise sur le gâteau, le musée avait une importante réserve d’eau. Mrs Tiggy-Winckle avait réussi, après un long conciliabule avec Geronimo (et beaucoup de « m’bnon »), à lui faire prendre une douche, dans les appartements du conservateur du musée.

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Escobar y Mendoza Antonio, jésuite et casuiste espagnol, 1589-1669, en proie à un fou-rire inextinguible.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 12

Charlotte eut le temps d’apercevoir une deuxième Hummer qui reculait rapidement derrière un pan de mur. 

La grande araignée vint se mettre entre le pickup Chevy et la deuxième Hummer, pendant que Mrs Tiggy-Winckle emmenait Steve, Paul et Geronimo à l’abri. Charlotte pointa son fusil d’assaut en direction de la deuxième Hummer.

Ils entendirent une voix dans un haut-parleur : « Je ne suis pas armé, ne tirez pas ; je vais avancer à découvert pour parlementer. »

Ils virent avancer un homme, vêtu d’un scaphandre léger avec des bouteilles d’oxygène, qui  parla à nouveau, en s’adressant manifestement aux deux araignées : « La fille et les trois garçons sont notre propriété. Nous ne vous voulons aucun mal. Rendez-les nous, à quoi peuvent vous servir ces quatre idiots ? Soyez raisonnables ! »

Mrs Tiggy-Winckle se mit à échanger des propos avec Geronimo : « Clip Piticlic Piticlic Pic Pic. Couclapic. Couclapic. »

Geronimo s’avança sous l’araignée géante, et dit à la personne en scaphandre : « M’bnon, ce ne sera pas possible, nous sommes la propriété des araignées et elles affirment que, « chacun a le droit de défendre son bien, et même par la mort de ses ennemis. » Puis il repartit se mettre à l’abri. 

La personne en scaphandre retourna derrière le mur. Au moment où elle ne fut plus visible,  une autre personne en scaphandre surgit en haut du mur avec un bazooka anti-char et envoya une roquette sur la grande araignée.

Une seconde avant que la roquette ne parte, Charlotte avait tiré, touchant l’autre personne à l’épaule. La roquette fut déviée vers un immeuble.

Il entendirent la Hummer démarrer et partir à toute vitesse. En s’approchant du tireur au bazooka qui ne bougeait plus, ils s’aperçurent qu’il était mort, alors que la blessure à l’épaule était superficielle.

Encore un victime des événements d’il y a un an.

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 11

Charlotte sortit du véhicule en pointant son fusil d’assaut sur l’araignée géante. Elle fut suivie immédiatement par leur araignée, Mrs Tiggy-Winckle, qui mit sa patte sur le fusil pour l’abaisser, en disant : « cliticlip ! cliticlip ! cliticlip ! », et fonça vers l’autre araignée pour ce qui sembla être des retrouvailles.

« Ben, on n’est pas sortis de l’auberge s’il y en a à tous les carrefours ! », pensa Charlotte en se retournant vers Steve et Lucas : « Vous deux, je ne sais pas où vous avez trouvé ces chansons idiotes, mais si vous continuez, je vais vous chauffer les oreilles. Geronimo, ne te rendort pas, merci. »

Il y eu un long conciliabule entre les deux araignées via des « cliticloclipclap » nombreux. La grande araignée était toujours immobile, sauf ses huit yeux qui bougeaient en scrutant les environs immédiats.

Charlotte se dit qu’ils vivaient peut-être leurs derniers instants, Mrs Tiggy-Winckle les ayant amadoué par ruse, puis attiré dans le piège de ce terrible monstre métallique.

En attendant, elle jeta un coup d’oeil au livre « Les Provinciales », posé sur le siège et ouvert à la page 137. Elle lu un paragraphe en italiques : « Chacun a le droit de défendre son bien, et même par la mort de ses ennemis. » (Hurtado, jésuite).

Elle se dit que, « Tant que nous ne touchons pas aux biens de l’araignée, elle en nous tuera pas. Le tout est de deviner quels sont les biens de l’araignée. »

Lorsqu’elle releva la tête, elle entendit un bruit énorme de papier froissé. Un rayon laser de forte puissance venait de sortir d’un patte de l’araignée géante et passa juste au dessus du pickup, pour aller volatiliser un Hummer qu’ils n’avaient pas vu arriver.

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Une sorte de Hummer.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 10

Charlotte se demandait comment l’araignée métallique faisait pour l’aider à la conduite, indiquer la direction et lire un livre.

A la faveur secousse du pickup, Geronimo se réveilla brusquement et dit : « Elle a plusieurs yeux et deux cerveaux. M’boui. »

Charlotte était interloquée : « Depuis quand tu parles plus facilement ? »

« J’ai eu séances de rééducation orthophonique pour apprendre à bien parler ! »

« L’araignée disait blip-blip pour te corriger ? »

« C’est très compliqué, je peux pas expliquer, mais maintenant on est très copains et, attention, elle comprend tout ce qu’on dit. »

Charlotte demanda à l’araignée : « C’est vrai cette histoire de séances orthophoniques? »

Celle-ci répondit « Bilp, clip, clip, tikiclip, » mais était plongée dans un livre qui promettait le Paradis : « Le Paradis ouvert à Philagie, par cent dévotions à la Mère de Dieu, aisées à pratiquer », par le Père Barry, jésuite. Mais que pouvait donc être le Paradis ?

« Enfin, bon, tu parles maintenant. C’est le principal. »

« M’boui »

Soudain, Charlotte appuya sur le frein. Steve et Lucas qui chantaient : « Buvons buvons buvons le sirop typhon typhon typhon / L’universelle panacée / À la cuillère ou bien dans un verre.. », furent retenus par l’araignée métallique, et Géronimo s’accrocha à son siège.

A cent mètre devant eux se dressait une autre araignée métallique, haute de deux mètres avec cinq mètre d’envergure. Il y avait tout autour d’elle des dizaines de cadavres de chiens.

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Mais que pouvait donc être le Paradis ?

(Angélique Arnaud)

(Messagerie : ekand446@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 9

« Si tu veux faire mon bonheur, / Marguerite, Marguerite / Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite donne-moi ton cœur. / Elle me dit comme c’est dimanche, / Je vais mettre ma robe blanche.. »

Les chansons de Steve et Lucas énervaient Charlotte. Elle restait concentrée sur la conduite du Chevy Pickup rouge, fin des années 60, qu’ils avaient déniché dans un garage. Geronimo s’était endormi immédiatement et l’araignée métallique, installée sur le tableau de bord, aidait à la conduite, une patte sur le volant.

Elle avait réussi à faire marcher le moteur rustique en bricolant une batterie de voiture et le sytème électrique. Les pneus crevés avaient été remplacés.

Les voitures avec une électronique de pointe ne fonctionnaient plus, d’une manière inexplicable. Le pickup des années 60 fonctionnait  avec des pointes à trente km/h – au moins depuis une demi-heure.

Toutes leurs « richesses » avaient été mises à l’abri dans la magasin Sweet Sleep, protégées par des portes blindées et cadenassées. C’était leur première expédition loin du centre commercial, avec des armes et quelques provisions.

Certaines rues étaient barrées de véhicules en panne avec parfois, les restes macabres de passagers.

L’araignée, tout en indiquant avec sa patte la direction à suivre et les solutions de contournements, lisait en même temps une phrase de St Augustin dans « Les Provinciales », posé sur le tableau de bord  : « N’apprenons-nous pas des saints mêmes combien la concupiscence leur tend de pièges secrets, et combien il arrive ordinairement que, quelques sobres qu’ils soient, ils donnent à la volupté ce qu’ils pensent donner à la seule nécessité. » 

Elle était troublée par la notion de « volupté », et se demandait avec inquiétude si elle n’avait pas donné à la volupté ce qu’elle avait pensé donner à la seule nécessité.

 

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Pickup Chevy.

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« Bacchanales » de Poussin.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 8

Le lendemain, Geronimo, conseillé par l’araignée, fixa de grandes plaques en acier sur la porte de derrière de la boutique Sweet Sleep.

Normalement cette porte aurait du rester fermée pendant l’attaque des chiens, mais avait été endommagée par l’acharnement des gros molosses qui se jetaient dessus.

Charlotte s’approcha : « Comment fais-tu pour communiquer ? Tu parles l’araignée couramment ? »

Il expliqua avec peu de mots et des gestes, que Mrs Tiggy-Winckle l’avait tiré par le bas du pantalon, lui avait indiqué le chariot, et qu’ils étaient allés dans différents magasins pour chercher des plaques en acier, des vis, des écrous et divers outils.

« Et comment avez vous fait les trous dans les plaques et le mur d’encadrement ? Avec une perceuse qui marche à quoi ? »

Geronimo dit : « Patte-laser, bien. » Charlotte jeta un coup d’oeil aux trous parfaits et réguliers et vit derrière la porte, un dizaine de molosses avec un gros trou bien propre entre les yeux. Elle demanda à l’araignée si c’était elle qui avait fait cela. La réponse fut, « clip-blip. »

La discrète araignée métallique avait des moyens de défense impressionnants. D’où venait-elle ? Mystère ! 

Le  soir, toute la petite équipe fut autour de la télévision, en train de regarder quand même « Kiss and kill ».

Geronimo pédalait, Charlotte tricotait son doudou, et l’araignée, installée sur un coussin à volants, lisait « Les Provinciales » de Pascal – trouvé à la Bibliothèque Publique – et notamment ce qui concernait, « la logique de la grâce suffisante, insuffisante face à la grâce efficace. »

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..installée sur un coussin à volants

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Blaise Pascal

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 7

« Passe-moi une dizaine de chargeurs et prépare les autres », cria Charlotte à Geronimo, alors qu’elle tirait brèves rafales sur brèves rafales avec son fusil d’assaut.

Geronimo, qui avait revêtu une veste rembourrée de pompier, et portait un casque trouvé dans un commissariat, lança le sac plein de chargeurs aux pieds de Charlotte.

Depuis une heure, une centaine de chien affamés les attaquaient de tous côtés. Ils s’étaient réfugiés à l’entrée de la boutique « Sweet Sleep », derrière des gros matelas.

Geronimo avait une fourche à fumier pour repousser les chiens les plus intrépides, et une batte pour terminer le travail, mais, à cet instant, les seuls chiens terminés, étaient ceux abattus par Charlotte.

Un an auparavant lorsqu’à peu près tout le monde était mort durant la terrible nuit des événements, Charlotte et les garçons s’étaient réfugiés dans le centre commercial, un des rares endroits où il n’y avait pas de cadavres en décomposition, à part les deux gardiens de nuit.

La température, proche de zéro en permanence, et les plaques de neige, avaient permis que les odeurs soient supportables.

Les chiens avaient vite pullulé en mangeant une partie des cadavres humains, mais comme, depuis un certain temps, le nourriture se faisait rare, ils s’enhardissaient à attaquer les quelques humains vivants.

La plupart des mammifères (surtout les grands), fautes d’herbages et de ressources naturelles, n’avaient pas survécu. Seul les chiens, les chats, les rats et les souris s’adaptèrent.

Steve et Lucas s’étaient vu confier des grosses bombes à poivre anti-ours, trouvées dans un magasin d’articles de chasse. Charlotte leur avait dit de viser les chiens en faisant attention au sens des courants d’air.

Lorsqu’une trentaine de chiens furent abattus, les autres repartirent. Charlotte engueula à Steve et Lucas, pour l’avoir aussi aspergé.

Ils furent chargés avec Geronimo d’entasser les cadavres sur un chariot industriel et de les laisser à l’extrémité du parking. Les autres chiens auraient de quoi se nourrir pendant un bout de temps.

A la surprise de Charlotte, l’araignée métallique, avait préparé des brochettes de souris, un met bien plus raffiné que le rat.

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 6

En avançant, Charlotte entendait maintenant un chant en italien : « Selve amiche, pombrose piante / Fido albergo del moi core / Chiede a voi quest’alma amante / Qualche pace al suo colore. »*

Il y avait aussi une odeur de tartines grillées, qui complétait l’assortiment d’événements bizarres.

Lorsque Charlotte pénétra dans le « Trek Bicycle Store », elle vit l’araignée métallique auprès d’un bricolage insensé : un VTT produisait de l’électricité grâce à un alternateur, un accumulateur au lithium et deux transformateurs.

L’araignée tournait une pédale et – avec le courant produit – faisait marcher un lecteur de CD rudimentaire, deux hauts parleurs et un grille pain, où réchauffaient deux biscottes qu’elle offrit à Charlotte. 

Charlotte encore étonnée de voir l’araignée métallique leur rendre service, décida d’attendre le matin, pour faire transporter par les garçons tout le matériel, dans le magasin JCPenney. Elle mangea les biscottes.

Geronimo avait été sommé de pédaler pour produire de l’électricité. Il râlait, soutenu dans ses efforts par Steve et Lucas. L’araignée continua de ranger le magasin.

Les garçons branchèrent une télévision et un lecteur de DVD, ils voulaient regarder « Kiss & Kill » (2010avec Ashton Kutcher, Katherine Heigl, un DVD resté miraculeusement intact.

Charlotte mis son véto à « ce film idiot », et engueula l’araignée qui sembla prendre un air navré en émettant un, « piticlic, piticlic, piticlic ». Elle rangea le lecteur de DVD dans une armoire fermée à clé.

Puis elle ouvrit la bouteille de gaz d’un barbecue imposant, pour faire griller quatre rats malchanceux attrapés dans la réserve à vivres. Comme légumes, il y aurait des lentilles.

Pendant que Geronimo pédalait sur l’ingénieux système, elle remit le CD avec la chanson, « Selve amiche, pombrose piante  /  Fido albergo del moi core… », et se mit à rêver à George Clooney.

* Antonio Caldera 16701736 (https://www.youtube.com/watch?v=cLcmTNXLMqk).

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Meilleur choix de barbecue, pour griller à point toutes sortes de rats.

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« ..pour mieux rêver de George Clooney. »

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr).

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 5

L’araignée métallique travaillait depuis des heures dans l’ancienne boutique « Trek Bicycle Store », située au bout du grand hall.

Comme elle ne semblait présenter aucun danger, tout le monde était allé dormir dans la boutique « Sweet Sleep« , qui possédait un assortiment de matelas au milieu d’une pièce aisément défendable, et protégée des courants d’air froids.

Charlotte avait retendu les cordes auxquelles étaient accrochés des clochettes et des boites de conserves vides, pour prévenir de l’arrivée de chiens errants ou d’hypothétiques humains.

Le bruit du vent dans les couloirs lui tapait sur les nerfs. 

Les peupliers étaient morts, tués par un hiver permanent.

On entendit les paroles d’une chanson ancienne : « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle / Tu vois, je n’ai pas oublié / Les feuilles mortes se ramassent à la pelle / Les souvenirs et les regrets aussi. »

L’électricité avait disparu, en dehors des piles et des batteries de lampes torches. Entendre une chanson était impossible. 

Charlotte, réveillée, saisit son fusil d’assaut et parti vers le « Trek Bicycle Store » d’où venait la chanson.

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(photo burntoast, partie sud du Gr Canyon).

..la plus belle musique vient des feuilles des peupliers au début de l’automne.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 4

Steve et Lucas avaient entamé un paquet de sablés au beurre qu’ils avaient gardé pour une grande occasion. Un de leurs objectifs, dans l’existence qui était la leur, était de trouver des paquets de gâteaux secs mangeables.

Ils regardaient l’araignée métallique occupée à ranger des vêtements chez JCPenney, et dirent presque en même temps : « C’est un hippogriffe ! »

Geronimo dit : « m’bnon ». Charlotte leva les yeux au ciel : « Toujours aussi stupides ces deux-là ! Cette chose ressemble à une araignée, pas à un hippogriffe. Un soir je vous lirai un livre d’Harry Potter qui parle d’hippogriffes. »

Il avaient installé des chaises autour de l’araignée métallique, qui continuait son travail de rangement avec un bruit du genre, « pliticlip pliticlip plilp clip ». Le spectacle était intéressant. Quelques bougies donnaient à la scène quelque chose d’irréel.

Charlotte avait interdit d’allumer les lampes torches pour économiser les piles. Elle tricotait son doudou. Son fusil d’assaut LR-300 restait à portée de ses mains, et pas de celles des garçons.

Geronimo se leva pour regarder l’araignée de plus près et ânonna – à la grande surprise des autres – « T.i.g.g.y-W.i.n.k.l.e….m’boui. »

Charlotte se leva à son tour et vit sur le dos de l’araignée métallique une étiquette soudée où était inscrit : « Mrs. Tiggy-Winkle. »

« Beuh, c’est n’importe quoi, Mrs. Tiggy-Winkle, c’est un hérisson dans le conte de Béatrix Potter, pas une araignée, » dirent Steve et Lucas.

Soudain, l’araignée s’arrêta et fonça à toute allure au fond du centre commercial, vers une boutique de VTT..

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 3

Geronimo maintenait à distance deux chiens revenus à la vie sauvage, avec un girafe gonflable géante qu’il avait trouvée dans un magasin de jouets. Ceux-ci finirent par s’éloigner. Mal leur en prit, ils furent abattus par Charlotte en embuscade. Elle avait trouvé un fusil d’assaut LR-300 dans un local de la police.

Terrorisé, Geronimo se cacha derrière sa girafe en murmurant, « m’bnon, m’bnon ». Charlotte lui dit : « Arrête de chouiner, ramène ta fraise et emmène les corps derrière le centre commercial, où ils pourront servir de nourriture aux autres chiens. »

Elle rangea son fusil dans un coffre, et se remit à lire : « Animaux et doudous en tricots pour les nuls », car elle souhaitait se tricoter Inouk le pingouin. Ce doudou lui tiendrait compagnie dans les moments de doute.

Elle rêvait d’avoir un majordome qui ferait le ménage, la cuisine, surveillerait les garçons et lui sauverait la vie. Il ressemblerait à George Clooney.

A propos de cuisine, aujourd’hui elle pensait faire du rat en brochettes au riz, car elle en avait trouvé trois en train d’essayer de rogner les boîtes de fer où se trouvait le riz. Geronimo allait encore râler, mais les essais de pommes de terre en pot dans le centre commercial, n’avaient rien donné.

Elle entendait des petits bruits métalliques juste derrière elle depuis quelques minutes. Elle cria à Steve et Lucas d’arrêter de zouaver. Ils répondirent : « Ben quoi, on fait rien, on joue au Hareng Saur Sauteur. »

Elle alla vers les bruits et aperçu une sorte d’araignée métallique de trente cm d’envergure, qui rangeait les vêtements éparpillés par terre dans une boutique « JCPenney », en tas propres et réguliers.

Elle pensa : « ‘Tain, mais qu’est-ce que c’est qu’ça, qu’est-ce que c’est qu’ça encore ?

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Fusil d’assault LR-300.

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..les vêtements éparpillés par terre, d’une boutique « JCPenney », en tas propres et réguliers.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 2

Le menu du jour ne satisfaisait aucun des garçons. Charlotte avait décidé d’améliorer l’ordinaire en faisant cuire deux rats attrapés le matin même, « bien frais » . L’accompagnement était composé de blé soufflé caramélisé.

La boisson s’appelait « King Kong », et avait « un goût de coca-cola à l’huile de vidange », d’après Steve et Lucas.

Géronimo avait dit « m’bnon », mais avait finalement accepté en murmurant « m’bdégueu »,  ce qui montrait que son vocabulaire s’était enrichi d’un mot nouveau. 

Le feu de débris en bois les réchauffait à peine, là où ils étaient, en haut de l’escalier roulant du premier hall, plein de neige. Charlotte avait fait remarquer aux garçons qu’allumer un feu dans une boutique, risquait de mettre le feu à tout le centre commercial.

Le froid avait du bon, les pieds de Geronimo sentaient moins fort.

« Demain, il faudra que vous appreniez à tirer au fusil, les deux zigotos. Non pas toi Géronimo, je parle de Steve et Lucas. Il y a trop de chiens en liberté. Mais vous ne pourrez pas faire les zouaves, je vous surveillerai. »

Ce soir, ils regarderont la télévision où ne passaient ni programmes, ni images. Charlotte qui se souvenait très bien des séries d’avant, leur racontait des épisodes. Leur série préférée du moment se passait à Los Angeles. Ils imaginaient.

Les étoiles ne brillaient que pour quatre personnes, du moins pour l’instant.

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Rat grillé.

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En haut de l’escalier roulant du premier hall, plein de neige..

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Un jour, il n’y eut plus grand monde – 1

Je reprend un petit récit de SF que j’avais commencé pour un concours, le 3 août 2013. A l’époque, j’avais eu l’intention de continuer le récit, mais un autre blogueur m’avait coupé l’herbe sous le pied, en le continuant dans un sens qui ne m’intéressait aucunement.

J’ai modifié quelques détails de l’histoire.

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Depuis les événements, Steve et Lucas s’étaient réfugiés dans un centre commercial, au milieu de boutiques désertes. Très peu de temps après, étaient venus Geronimo qui ne parlait plus, à part deux mots : m’boui et m’bnon, et Charlotte la rouquine, le cerveau de la bande. (Il en fallait bien un).

Les événements avaient commencé lorsqu’un avion de chasse avait atterri à 3h du matin sur le parking du centre commercial, non loin de la maison de Steve. Avec son copain Lucas, un voisin, ils étaient sortis en douce, pour aller voir l’avion. Le cockpit était ouvert ; ils avaient trouvé une échelle pour monter voir le pilote. Ils virent que le pilote était mort.

En revenant, ils constatèrent que toutes les personnes de leurs familles et du voisinage étaient mortes.

Depuis les événements, la neige tombait en toutes saisons, par intermittence. 

Ils avaient fait de grands tours et parcouru des dizaines de kilomètres. Ils étaient les seuls survivants de ce côté de la ville. Geronimo avait dit « m’boui » avec un air désolé.

Bientôt, il n’y eut plus ni eau courante, ni électricité.

Grâce aux recherches de Charlotte, une usine de sodas et quelques supermarchés leur permettaient de survivre.

Les seuls sujets de disputes étaient la cuisine, appelée la rata, accusée de bétonner les boyaux, et l’odeur de Geronimo, qui ne se lavait ni les dents ni les pieds. Charlotte disait chaque matin : « T’sais ktu pue, t’es dégueu ! Va t’laver dans la rivière ! ». Il répondait: «m’bnon ».

Le soir, ils faisaient un feu avec des meubles en bois, récupérés ça et là, et regardaient les étoiles, lorsque les nuages se déchiraient. Maintenant qu’aucune lumière artificielle ne venait les occulter, les étoiles resplendissaient.

Geronimo regardait le ciel en souriant, et disait : « m’boui ».

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Ils s’étaient réfugiés dans un centre commercial, au milieu de boutiques désertes.. 

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Ils avaient trouvé une échelle pour monter voir le pilote..

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)