Un jour, il n’y eut plus grand monde – 15

Steve et Lucas jouaient au foot dans la salle des antiquités bouddhiques du Museum of Fine Arts. Charlotte les avait fermement averti que s’ils cassaient, ne serait-ce qu’un seul bras d’un Bodhisattva, ils allaient avoir de gros ennuis.

Ils répliquèrent avec insolence qu’il n’y avait plus de visiteurs, et que personne ne s’intéressait à ces machins-là, sauf elle.

Elle les menaça de leur faire donner une solide correction par la grande araignée métallique, ce qui eut un effet immédiat.

Une fois Charlotte partie, ils heurtèrent légèrement un Bodhisattva Avalokiteshvara d’un mètre quarante du VIème siècle, qui s’écroula en mille morceaux, bientôt suivi d’un torse de Bouddha, et d’un petit Bouddha Maitreya du Vème siècle.

Pour les deux derniers Bouddha, ce n’était pas eux, mais des balles de fusil. Les vitres des rares fenêtres venaient de voler en éclats.

Mrs Tiggy-Winckle, dans la salle des peintres classiques, contemplait un grand tableau fascinant de Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740 – 1812), dont le titre était : Une bataille (1767). 

Elle entendit les cris de Steve et Lucas, et compris en entrant dans la salle des Bouddhas, que les hommes en scaphandre étaient revenus prendre leur dû.

Charlotte arriva aussi avec son fusil d’assaut, suivi de Geronimo avec le sac de chargeurs. Elle commença à tirer des rafales par une minuscule fenêtre verticale située au ras du sol, destinée à permettre un éclairage indirect des oeuvres d’art.

Mrs Tiggy-Winckle avait peur que les hommes en scaphandre n’envoient des grenades lacrymogènes ou quelque chose du même genre, pour faire sortir les quatre humains. 

La grande araignée n’était pas là et restait injoignable. 

Les premières grenades pénétrèrent dans la salle des Bouddhas et dans la salle des peintres classiques, répandant des fumées irritantes.

une-bataille---philippe-jacques-loutherbourg

Philippe-Jacques de Loutherbourg. « Une bataille. »

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

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12 réflexions au sujet de « Un jour, il n’y eut plus grand monde – 15 »

  1. Mais si les hommes en scaphandre sont bien des hommes, alors que veulent-ils à leurs congénères, leurs frères humains?… Je tremble (mais j’ai mon idée là-dessus, on n’a jamais vécu dans un monde de bisounours).

  2. Casser un bras de Bodhissatva , c’est déjà une rencontre , et peut être pas tant d’ennuis que ça … ya pire comme rencontre
    Je me suis perdue dans les méandres de la toile d’araignée , veuillez m’excuser mais je suis si distraite que j’ai perdu le fil de l’histoire depuis déjà bien longtemps , … Il y a une musique qui me fait le même effet , un effet toile d’araignée , on se laisse bercer , on rêve … » Song of The Eternal Waiting of Canute » de Carla Bley

    http://www.song365.cc/track/carla-bley-song-of-the-eternal-waiting-of-canute-280067.html

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