Un jour, il n’y eut plus grand monde – 20

« Quand un rayon de soleil dorait les plus hautes branches, elles semblaient trempées d’une humidité étincelante, émerger seules de l’atmosphère liquide et couleur d’émeraude où la futaie toute entière était plongée comme sous la mer. »

Une partie de Mrs Tiggy-Winckle était sous le charme en lisant cette phrase de Proust.

Une autre partie de Mrs Tiggy-Winckle observait les caméras de la base de l’armée, dont la plupart semblaient hors d’usage. Par précaution, elle demanda à la grande araignée de toutes les neutraliser au rayon laser.

Leur Hummer s’était retiré vivement derrière quelques carcasses de bus militaires et un tank renversé. Il paru souhaitable à Mrs Tiggy-Winckle d’échanger avec Charlotte un premier état de leurs connaissances.

Un agent (virus ?) redoutable avait probablement tué la plus grande partie de la population terrestre, sauf Charlotte, Geronimo, Steve et Lucas – et combien d’autres ? -apparemment immunisés. Les hommes en scaphandre avaient du être protégés par leur base militaire hermétiquement fermée. Mais ils ne pouvaient sortir qu’en scaphandre.

Ce tour d’horizon, grâce à Geronimo qui traduisait aisément les clipbip, les bipcliptip de Mrs Tiggy-Winckle, fut suivi par deux questions de Charlotte : « Les hommes en scaphandre  allaient-ils disséquer Steve et Lucas pour connaître la cause leur immunité naturelle ? Accessoirement, comment Geronimo avait-il appris le langage araignée ? »

Il n’y eu pas de réponse, car un tir de bazooka en provenance de la base militaire pulvérisa le premier bus.  Une automitrailleuse fonça peu après sur eux, en tirant des rafales en continu.

La grosse araignée restée en embuscade grilla les pneus de l’automitrailleuse avec son faisceau laser. Les hommes en scaphandre sortirent en catastrophe par l’arrière, et revinrent à l’entrée de la base.

La nuit tombait. Une faible tombée de neige commença à faire disparaître le paysage et la base. 

Ils firent reculer le Hummer vers un endroit mieux protégé.

Geronimo se rendormit après un rapide repas. Mrs Tiggy-Winckle poursuivit sa lecture de Proust. Charlotte avait presque fini de tricoter son doudou. La grande araignée, peu à peu recouverte d’une couche de neige, prit une apparence fantasmagorique.

 

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

 

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7 réflexions au sujet de « Un jour, il n’y eut plus grand monde – 20 »

  1. L’auteur se joue de nous une fois encore, ça bidouille, ça bidouille !
    Et c’est sur cette image sanglante que je vous souhaite la bonne nuit.

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