Un jour il n’y eut plus grand monde – 26

Mrs Tiggy-Winckle, aidée de la grande araignée remise à neuf, avait prospecté dans les entreprises de travaux publics, et avait fini par dénicher une autoneige à chenillettes pour travaux publics, qui pouvait aisément parcourir une route très enneigée.

Quelques journées de bricolage – surtout sur le système d’allumage, les batteries et le carter – permirent de remettre en route un moteur rustique et robuste.

Charlotte apprit à conduire le véhicule avec Mrs Tiggy-Winckle durant une autre semaine. La circulation inexistante lui permit de faire quelques erreurs de braquage et d’écraser des voitures délabrées.

Le réservoir de l’autoneige fut rempli en siphonnant les réservoirs des Hummers. En emmenant des jerricans, ils auraient une autonomie de plus de mille km.

Ils entassèrent des réserves de vivres et d’eau à l’arrière et partirent pour le sud, espérant trouver des zones moins enneigées.

Tout en aidant à la conduite Mrs Tiggy-Winckle lisait dans, « De la nature de l’homme », de Nemesius évêque d’Emèse (environ 350-420 après JC), que « l’homme est doué de raison et capable de délibérer, il est donc capable de choisir et de décider. »

Manifestement Nemesius n’avait pas connu les araignées métalliques dotées de deux cerveaux biologiques capables de délibérer.

Plus loin, elle lut : « Le désir se divise aussi en plaisirs et en peines : car, lorsque le désir atteint son objet, il cause du plaisir, et, lorsqu’il ne l’atteint pas, il cause de la peine. »

C’était exact, elle avait pu constater que Steve et Lucas, qui désiraient faire toujours plus de bêtises, et étaient peinés de ne pas y arriver.

Ceux-ci avaient commencé à chanter : « Paulette, Paulette, / Tu es la reine des paupiettes, / Notre amour ne serait pas si beau, / Si je n’aimais pas les paupiettes… » *

Avant que Charlotte ne pique une crise, la grande araignée, qui progressait à côté de l’autoneige, fit signe à celle-ci de s’arrêter. Elle regardait la ligne d’horizon, et y vit deux hommes en combinaisons blanches à capuche, qui les observaient avec des jumelles.

* Les Charlots, 1967.

Chenillette

Autoneige.

855ed313c1f6d5573b55ee5ef8dca63e

Tiens, un lapin !

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr).

Publicités

3 réflexions au sujet de « Un jour il n’y eut plus grand monde – 26 »

  1. « Paulette, paupiette… c’est donc des Charlots que ça vient… ça remonte à si loin » et le vieillard s’éloigna en se grattant le menton où une barbe dure naissait.

    hmmmm c’est bon.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s