Meurtres au Louvre – 4

Nous nous sommes tous retrouvés autour de la statue de l’enfant qui retire une épine de son pied. Il était coupé en deux au niveau de la taille comme avec un rasoir. Encore un mystère qui me donnait des courbatures au cerveau. 

Les services du Louvre qui disposaient d’une copie, s’empressèrent de le remplacer en attendant la restauration de l’original. 

Dans la journée, Monsieur Moochagoo assista à une réunion d’urgence avec les agents de surveillance, où rien ne se décida, sauf de garder le secret absolu sur ces événements, dont les tentatives d’explications étaient jugées invraisemblables.

Toute tentative de confidences – avec photos ou films – aux médias  serait sanctionnée par un renvoi immédiat, agrémenté de poursuites judiciaires.

Nous sommes allés dans un petit bureau avec des lits pliants, pour que nous puissions nous reposer, Je m’endormis en me posant des questions : Qui est Khaos ? Que veut-il ? Quel est le sens de la vie ? 

Le nuit suivante nous sommes allés sous les toits, dans une petite salle abandonnée du Musée où avaient été abandonnés de vieux vélos rouillés recouverts de toiles d’araignées.

Cette salle était située au dessus de l’escalier en colimaçon où l’homme qui boitait s’était enfui la nuit précédente.

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« au dessus de l’escalier en colimaçon où l’homme qui boitait s’était enfui la nuit précédente. »

Monsieur Moochagoo voulait vérifier un hypothèse qu’il gardait pour lui. Il avait sous le bras « Salammbô » de Gustave Flaubert, dont il me lut les premières phrases : « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. Les soldats qu’il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d’Eryx, et comme le maître était absent et qu’ils se trouvaient nombreux, ils mangeaient et ils buvaient en pleine liberté. »

Cette phrase, ajoutée à une obscurité presque complète (à part les faisceaux de nos lampes), me fit dormir (et ronfler) instantanément. Alexis s’était également assoupi en marmonnant des phrases en dialecte souabe.

 

 

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6 réflexions au sujet de « Meurtres au Louvre – 4 »

  1. « Salammbô » m’a toujours profondément ennuyée à l’égal du « roman de la momie » ou autres ouvrages aussi riches en descriptions exotiques (pas le même auteur, mais bon…).
    Est-ce une vengeance du fantôme de Flaubert?

    • Je l’ai relu il y a un an, c’est en effet assez ennuyeux. Le style est par moments superbe, mais ça ne suffit pas. Lors de la parution, une grande partie de critiques étaient du même avis : « On en sort fatigué, rompu, brisé d’ennui et de courbatures », Georges Cadoudal, dans l’Union.

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