Meurtres au Louvre – 15

En pénétrant dans la Grande Galerie du Louvre en ruine, nous avons aperçu Monsieur Moochagoo en pleine discussion avec Nicolas Poussin.

Monsieur Moochagoo nous prévint de rester prudents et de stationner derrière des gravats surmontés de morceaux de sculptures et de tableaux en partie brulés.

Il avait appris de Nicolas Poussin que nous étions dans la Grande Galerie du Louvre en 2057, et que l’Alliance pour la Vraie Foi qui réunit tous les fondamentalistes et les intégristes de toutes religions, dominait l’Europe du sud jusqu’à la Seine, l’Afrique, le Moyen Orient et une grande partie de l’Asie, sauf la Chine et le Japon. 

Cette Alliance avait pour dessein de faire table rase du passé, de façon à honorer parfaitement le Dieu Unique.  En arrivant dans Paris, l’Alliance avait systématiquement saccagé et détruit les bâtiments du Louvre, et la Joconde – symbole suprême – fut brulée.

Nicolas Poussin, qui semblait avoir quelques facilités pour voyager dans le temps, nous avait envoyé son homme de confiance boiteux pour nous conduire vers lui, puis vers cet endroit. Le malheureux boiteux avait perdu une partie de sa raison au contact de ce futur apocalyptique, d’où ses propos décousus.

Je me réservais le droit de questionner plus avant Monsieur Moochagoo, sur la capacité de voyager dans le temps de Nicolas Poussin.

Une suite de gémissements me fit tourner la tête et je vis qu’Alexis von Lützelschwab était aussi sur le point de perdre la raison, devant le futur effroyable du musée du Louvre auquel il était dévoué corps et âme, avec une rigueur morale toute kantienne.

N’ayant aucune rigueur morale kantienne, je ne me sentais pas particulièrement bouleversé par ce futur en ruine. 

Je réalisais soudain que, dans « Le Chef-d’œuvre inconnu », une nouvelle d’Honoré de Balzac, Nicolas Poussin encore jeune, joue un rôle de conseil pour le vieux maître Frenhofer, qui n’arrive pas à terminer « La Belle Noiseuse », tableau sur lequel il travaille depuis dix ans. Poussin fait poser sa maitresse Gillette, tellement belle, que le tableau est vite terminé. Néanmoins la déception sera cruelle en voyant le tableau terminé.

Balzac était-il au courant des pouvoirs de Nicolas Poussin ?

Mais il était temps de ramener Alexis vers le passé.

Je prévins Monsieur Moochagoo que nous repartions, il me fit signe d’y aller.

 

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

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