Meurtres au Louvre – 43

Lorsque nous sommes arrivés dans notre maison coloniale, le palais du Gouverneur était en flamme et les maigres troupes qui le défendaient, semblaient avoir déserté.

Impossible de remettre sa fille en de bonnes mains. Et la maison coloniale – si nous étions repérés – risquait de devenir rapidement indéfendable. Au plus profond de moi, ça me flanquait la pétoche, comme dit la voisine.

Madame X était là pour nous accueillir. Elle embrassa Nicole-Anne sur les deux joues et lui dit : « Bienvenue chère amie, ces rustres vous ont-ils mis dans l’embarras par leur actes ou leurs propos ? »

J’étais stupéfait. Elles semblaient se connaître !

Nicole-Anne répondit : « Tout fut conforme à vos voeux. Je me suis laissée capturer par les pirates en les prévenant que j’étais la fille du Gouverneur, et qu’ils pourraient obtenir une grosse somme d’argent en négociant avec mon père. Puis je les ai discrètement orienté vers la maison de l’homme en bleu, afin de servir d’arme fatale, au cas où. La présence des pirates me permettait d’approcher l’homme en bleu sans qu’il se douta de quoique ce soit puisque, pour lui, je n’étais qu’une rouée capricieuse. Et je devais récupérer le fusil à linéament quantique avec l’aide de ces messieurs. »

Monsieur Moochagoo me regarda d’un air triomphant : « N’avais-je pas raison de protéger Nicole-Anne ? ». Puis s’adressant à la fille du Gouverneur : « Qu’entendez-vous par arme fatale au cas où ? »

« Arme fatale ? C’est simple : au cas où le fusil à linéament quantique risquait de tomber entre les mains de l’Olonnais, j’aurais actionné une bombe – dans ce petit encrier en céramique – qui aurait tout volatilisé dans un rayon de 20m. »

J’eu une peur rétrospective en y pensant. Un point positif : je n’aurais pas su que j’étais mort. Comme dit ma voisine :  « Finalement, plus de peur que de mal. »

Monsieur Moochagoo était aussi un peu pâle. Quand à l’homme en bleu, il regardait Madame X avec un petit sourire, comme une vieille connaissance qu’on retrouve, après quelques siècles d’absence.

 

Meurtres au Louvre – 42

Dans une ville envahie par des pirates, avec de nombreux incendies et des destructions de toutes sortes, je commençais à regretter ma voisine lorsqu’elle me racontait ses stages de Poésie Moldave avec un professeur de Singapour.

Nous revenions vers la maison coloniale où Madame X nous avait amené, après que nous nous soyons échappé du Fort San Carlos de la Barra. Il fallait éviter les bandes de pirates, dont la plupart n’étaient plus en état de combattre après de fortes libations.

L’homme en bleu, dans un esprit de conciliation, voulait bien nous rendre le fusil à linéament quantique et nous accompagner, pour rencontrer Madame X.

Il me dit : « C’est pour vous que je viens. Nous nous connaissons depuis si longtemps… » La même phrase à un poil près que Madame X, j’étais estomaqué.

Monsieur Moochagoo, qui guidait les pas de Nicole-Anne, se rapprocha de moi de façon à n’être pas entendu du personnage en bleu.

Il avait des doutes sur le fait que l’homme en bleu me connut. 

Mais il y avait autre chose qui me tourmentait. Comment allions-nous survivre si nous rencontrions un fort groupe de pirates, où si nous étions assiégés dans notre maison coloniale ?

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Meurtres au Louvre – 41

Monsieur Moochagoo s’employa néanmoins à plaider la cause de Nicole-Anne. Il obtint de lui enlever son bâillon et se fit traiter aussitôt de cuistre fieffé, de maraud, d’infâme coquin, d’insolent, d’impudent, d’âne bâté, de scélérat, de fripon et de gueux.

Ma voisine me dit toujours : « Les gens ne changent pas beaucoup à l’intérieur. »

Malgré les injures Monsieur Moochagoo voulut faire preuve d’encore plus de galanterie, et exigea qu’on libéra la jeune fille de ses liens.

L’homme en bleu accepta, à condition de chapitrer l’odieuse pimbêche. Il lui expliqua qu’il était de vieille noblesse italienne, et qu’il avait connu à Rome durant de longues années, le peintre Nicolas Poussin. Il était en mission secrète pour le Vatican. C’est pour cette raison qu’il n’avait pas présenté ses lettres de créances au Gouverneur, dès son arrivée.

J’aurais bien voulu une bière pour me remettre des inepties débitées par le personnage en bleu, hormis le fait qu’il ait connu Nicolas Poussin.

Je vis que Nicole-Anne était désormais une bombe désamorcée. 

Il allait falloir composer avec le personnage en bleu pour plusieurs raisons :

1 – Il nous avait sauvé la vie et ne pouvions décemment l’intercepter pour le compte de Madame X. Et surtout, ses qualités exceptionnelles de combattant interdisaient qu’on puisse l’appréhender. A la rigueur nous pouvions espérer conserver le fusil quantique.

2 – Qu’allions nous faire de Nicole-Anne ? Serait-elle un beau parti pour Monsieur Moochagoo ? Sophie Chardrakanta supporterait-elle un profond chagrin d’amour?

3 – L’homme en bleu, quand il me regardait, semblait me connaître mieux que moi. Sous son regard, j’avais l’impression d’être transparent

 

 

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Meurtres au Louvre – 41

La fille du Gouverneur, constatant que le verre de vin et le linge imbibé de fleurs d’oranger tardaient à venir, dit à Monsieur Moochagoo : « Apportez-moi un miroir, puisque vous semblez incapable de trouver ce que je vous ai ordonné de m’apporter. Et faites qu’il soit propre, en évitant d’y mettre vos doigts. »

L’homme en bleu et moi, tout en rassemblant les corps des pirates, nous nous amusions de la mine déconfite de Monsieur Moochagoo, parti chercher un miroir dans la maison

Tout en arrangeant sa robe, Nicole-Anne fulminait contre les pirates : « Avec ces canailles, je n’ai jamais respiré une odeur aussi épouvantable. Quel affront! Traiter ainsi la fille du Gouverneur ! Et n’être pas libérée par des personnes de condition ! Quelle infortune ! »

En continuant à sortir les corps des pirates, je dis à Monsieur Moochagoo, qui n’avait trouvé qu’un plateau en argent en guise de miroir : « Si nous la ligotions à nouveau ? Elle pourrait nous servir de monnaie d’échange ? N’oublions pas que son père nous a envoyé en forteresse à cause de notre accoutrement bizarre. »

Il se contenta de répondre en me citant Molière : « À répondre à cela je ne daigne descendre, / Et ce sont sots discours qu’il ne faut pas entendre. »

Mais l’homme en bleu nous avait entendu, et renchérit sur mon offre : « Ce subtil faux-fuyant mérite qu’on le loue ; / Et dans tous les romans où j’ai jeté les yeux, / Je n’ai rien rencontré de plus ingénieux. »

Et lorsque Monsieur Moochagoo se fut fait rabrouer par Nicole-Anne, à cause du plat en argent qui ne ressemblait pas à un miroir décent, nous nous sommes approchés de la pécore, l’homme en bleu et moi, pour la ligoter à nouveau et lui mettre un bâillon.

 

Meurtres au Louvre – 40

Il est assez facile de défendre un couloir étroit menant à une cave, l’homme en bleu nous en fit une étonnante démonstration. Il laissa tomber sa robe de chambre et apparut dans une tenue bleue en cuir, plus pratique pour combattre.

D’un côté une trentaine de pirates éméchés et hurlant, de l’autre l’homme en bleu (nous étions derrière lui, surtout moi). Nous avions récupéré le fusil quantique qu’il fallait protéger à tous prix et qui avait été utilisé d’un façon excessivement imprudente par le personnage en bleu . Celui-ci tenait à la main droite un sabre japonais (récupérée sur un mur), et, à la main gauche, une dague à double tranchant.

Le premier pirate laissa échapper son âme damnée, à travers les trous laissés par dix sept coups d’épée et de dague. Le second pirate fut abattu d’un coup de pistolet à rouet, alors qu’un coup de sabre lui fendait la figure. Son oeil gauche tomba dans la poussière.

L’homme en bleu remit sa dague à la ceinture et se saisit d’un esponton laissé par le premier pirate. Il était d’une rapidité et d’un habileté confondantes. Un de ses coups préféré consistait à trancher le mollet de l’adversaire, puis sa gorge lorsque celui-ci s’écroulait  On n’entendait plus que le grincement de la ferraille et les plaintes des pirates.

Les corps à terre gênaient les pirates qui attaquaient, alors l’homme en bleu reculait au fur et à mesure, en profitant de leurs hésitations.

Il mit hors d’état de nuire une vingtaine pirates. Le dernier fut frappé à la tempe avec le pommeau du pistolet et digéra sans peine la lame de l’épée japonaise.

Les pirates finirent par s’enfuir, les plus courageux ayant été occis. En remontant dans la cour nous eûmes une surprise de taille. Les pirates avaient abandonné une dame de la haute société. Elle avait les mains ligotées et un bandeau sur les yeux.

Le sang de Monsieur Moochagoo ne fit qu’un tour, il s’élança pour défaire les liens et lui ôter le bandeau. Il dit, en faisant un grand geste avec son chapeau et en s’inclinant légèrement : « Madame, j’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, votre très humble et dévoué serviteur. Vous serez défendue quoiqu’il arrive. »

Je me demande parfois s’il n’en fait pas un peu trop..

La dame, qui ne devait pas avoir plus de dix-huit ans, se mit à genoux et remercia les saints et les anges de l’avoir sauvée. Puis, Monsieur Moochagoo l’ayant aidée à se relever, réclama, avec un air d’autorité, un vin léger et, pour son visage, un tissu imbibé de fleur d’oranger.

En aparté, l’homme en bleu dit à Monsieur Moochagoo : « J’informe l’humble et dévoué serviteur que c’est Nicole-Anne, la fille du Gouverneur, qu’il a eu d’une épouse française morte en couches ; la pire peste de Maracaïbo. »

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Meurtres au Louvre – 39

La situation n’était pas à notre avantage, c’est le moins qu’on puisse dire.

Monsieur Moochagoo m’a fait remarquer que je claquais de nouveau des dents, alors que la température ambiante était au dessus de 35°C.

Je lui répondis que j’allais tenter de retrouver mon calme au Bureau des Objets Trouvés de Maracaibo.

Je rétorquais que je me sentais comme Bugs Bunny, coincé par le fusil du chasseur Elmer Fudd.

L’homme en bleu commençait à s’impatienter : « C’est pas fini les deux Laurel et Hardy? Je sais que vous venez de la part de cette charmante Madame X qui n’a pas supporté mes facéties au Louvre en 2015. La pauvre, elle a ses nerfs. »

J’aurais pu dire : « Nous allons attendre à l’extérieur« , mais, hélas, nous étions déjà à l’extérieur.

Nous fûmes sauvés par le gong, enfin presque. Une trentaines de pirates arrivèrent dans la cour, très imbibés de rhum. Ils virent immédiatement que trois des leurs avaient été abattus.

Comme dit ma voisine, l’union fait la force ! Le personnage en bleu abaissa son fusil et nous dit : « Nous règlerons nos comptes plus tard ! Ces gars là sont féroces et absolument incontrôlables. Suivez-moi ! »

Nous avons couru vers la maison et – une fois dedans – nous sommes précipités dans une cave voutée, après avoir fermé la porte d’entrée derrière nous.

Nous entendîmes des coups sourds, puis les hurlements des pirates quand ils défoncèrent la porte.

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Meurtres au Louvre – 38

Une nouvelle bordée fut tirée par les pirates ; un boulet, passa au-dessus de nos têtes, et vint s’écraser non loin de la cour où nous nous trouvions.

Je me dis pendant un instant que les pirates, dans le désordre de leurs bombardements, allaient toucher certains des leurs. 

Puis je pensais que la personne qui avait tiré avec un fusil à linéament quantique LNQ72, ces trois balles possibles qui s’étaient matérialisées en sortant du mur de la maison, avait réussi un tir groupé quasiment impossible. 

Celui qui avait effectué ce tir gagnant était un tireur d’élite. J’avais l’intuition que c’était l’homme en bleu que nous devions appréhender – en toute discrétion – pour Madame X.

L’affaire se présentait mal. Notre homme en bleu possédait une arme de 2057, qui risquait de créer un sérieux paradoxe temporel si les pirates s’en emparaient.

Nous avons décidé de nous approcher de la maison en ne prenant aucun risque. J’espérais que nos sous-combinaisons en treillage nous protègeraient, au cas où le personnage en bleu tirerait à travers un mur. 

Il n’a pas tiré, mais il a surgit sans un bruit derrière nous, nous menaçant avec le fusil quantique. Il était vêtu d’une grande robe de chambre bleue, façon Bourgeois Gentilhomme, avec un bonnet bleu à liseré d’or. 

Son visage avait quelque chose d’incroyablement vieux et rusé

 

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Meurtres au Louvre – 37

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Nous nous sommes approchés de la maison de l’homme en bleu. En fait une maison aménagée dans un ancien rempart, qui avait fini par être englobé dans la ville.

Il régnait un certain désordre dans la cour où étaient éparpillées des caisses, des tonneaux vides et une charrette à l’abandon avec des sacs de café et du fourrage. Nous étions-nous trompé d’adresse ?

Au moment où nous allions pénétrer dans la maison par une des portes, un petit groupe de trois pirates très éméchés est arrivé dan la cour. Un des pirates, Michel Archambeau – dit le Fêlé – nous apostropha : « Hé, les amis, je vous reconnais, vous étiez dans la prison avec nous !!!!  On vous avait perdu de vue ! Trinquez et dites-nous ce que vous faites là ! « 

Monsieur Moochagoo lui donna une grande tape dans le dos et trinqua avec la bouteille de rhum qu’on lui tendait : « Comme vous, on cherche de l’or, mais il n’y a rien ici, on a déjà tout fouillé, parole de Moochagoo ! »

Le Fêlé nous regarda d’un oeil suspicieux : « Voilà t’y pas que ces deux drôles, dont un avec un nom de sorcier, voudraient nous cacher des choses !!! On ne me la fait pas ! »

Son haleine alcoolisée et l’odeur générée par les chicots d’une mâchoire délabrée, auraient suffit pour asphyxier n’importe quel interlocuteur. En revanche, Moochagoo-sorcier me plaisait bien.

La situation devenait incertaine, et les deux autres pirates avaient commencé à sortir leurs dagues. Nous nous apprêtions à combattre, lorsque trois coups de feu – au son très particulier – retentirent, et nos pirates s’écroulèrent.

J’avais reconnu le bruit d’un fusil à linéament quantique LNQ72, tout à fait anachronique pour 1667.

 

Meurtres au Louvre – 36

Nous sommes passés près du palais du gouverneur. Touchée par  une bordée tirée par le galion de l’Ollonais, une partie de la façade s’était écroulée. La lourde porte de l’entrée gisait au sol.

Madame X nous avait demandé d’enfiler sous nos tenues locales, une sorte de combinaison en treillage composé de fils très minces qui, en cas de projectiles, de feu ou d’agents chimiques, recouvraient intégralement le corps.

Avant d’aller plus avant dans Maracaibo bombardée, je pensais trouver le « Traité des fins dernières » de Saint Thomas d’Aquin, soucieux des conditions de mon trépas et malgré les protections que m’offrait cette combinaison. Hélas, nul « Traité des fins dernières » n’était disponible à proximité.

Monsieur Moochagoo me demanda d’arrêter de claquer des dents. Ce bruit l’empêchait de chercher sur un plan approximatif, l’adresse où Madame X pensait que le personnage en bleu se cachait.

Evitant de justesse un bâtiment qui s’écroulait, touché de plein fouet par une nouvelle bordée, nous avons quitté la place du palais du Gouverneur. Un nuage de poussière se répandit autour de nous.

Les cris féroces d’un groupe de pirates qui avaient pénétré dans la ville, couvraient à peine un bruit de fusillade, en provenance des défenseurs.

Je me voyais capturé par les pirates et soumis à une effroyable torture, semblable à celle infligée à St Erasme : l’extraction des intestins, enroulés sur un treuil de bateau. Je visualisais le tableau de Nicolas Poussin. Cette visualisation intempestive faillit provoquer mon évanouissement.

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Martyre de Saint Erasme (1628-29)

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Meurtres au Louvre – 35

J’étais dans une grande baignoire en cuivre et chantais : « What shall we do with the drunken sailor? » Monsieur Moochagoo dans une autre baignoire (dans la pièce d’à côté), commençait à s’énerver de ma cacophonie.

Je continuais : « Shave his chin with a rusty razor. / Shave his belly with a rusty razor. / Give ‘im a hair of the dog that bit him./ Put him in the bilge and make him drink it./ Put him in bed with the captain’s daughter », lorsque je vis Madame X, dans le plus simple appareil, entrer en souriant dans ma baignoire. 

Elle avait amené un savon, « car pour se laver , du savon c’est mieux. » Tout rouge, j’essayais de me donner une contenance en comptant les puces qui remontaient à la surface.

La suite, chers lecteurs, m’oblige à la discrétion. 

J’étais quand même plus propre lorsque nous sommes sortis de la baignoire. Madame X me donna un produit efficace pour éliminer les poux et les lentes. Elle me dit en quittant la pièce : « Nous nous connaissons depuis si longtemps..mais, bien sûr, vous ne pouvez vous souvenez pas du futur. »

Je ne compris pas tout de suite ce qu’elle venait de dire.

Monsieur Moochagoo et moi buvions une sorte de boisson au cacao râpé, avec du sucre et des épices, délayé dans l’eau bouillante. Il a trouvé que je n’étais pas dans mon état normal, « il faut vous reprendre, vous me semblez terriblement dans un drôle d’état. Et cessez de chanter, c’est effroyable. »

Nous étions à peine habillés, pour partir à la recherche de l’homme en bleu, que les premiers boulets tombèrent sur le port. Les pirates attaquaient en force les défenses espagnols.

 

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Meurtres au Louvre – 34

Avant que nous ne sombrions dans les vapeurs de l’alcool, Madame X nous avait donné le portrait de la personne que nous devions rechercher. Nicolas Poussin dans le tableau « St Jean Baptiste baptisant le peuple », l’avait portraituré au temps de sa splendeur. C’était le personnage en bleu, dont elle nous donna un agrandissement gravé.

Le personnage en bleu – il importait peu de connaître son nom véritable – était un Grand Initié félon. Il avait utilisé le voyage temporel à des fins personnelles et avait été déchu de ses prérogatives. Depuis, il cherche à se venger.

Nous sommes arrivés joyeux sur le port de Maracaibo, qui se préparait à résister aux pirates.

Ceux-ci, après avoir détruit les défenses du Fort, arrivaient derrière nous dans les six navires de l’Olonnais, par le chenal. Ils seraient là en soirée, compte tenu des vingt-cinq miles nautiques à parcourir.

Madame X nous fit mettre par dessus nos habits – où logeaient nos sympathiques insectes, puces et poux – une sorte de robe de bure avec une capuche. Elle présenta aux autorités du port, une lettre d’introduction signée de l’Inquisiteur Général Pascual d’Aragona.

« Avec une telle introduction, personne ne viendra nous chercher des poux dans la tête, » dit finement Monsieur Moochagoo pendant que j’écrasais une puce.

Les habitants avaient fuit la ville. Il ne restait qu’un embryon de garnison, sous la houlette du Gouverneur. Monsieur Moochagoo et moi avions relevé nos capuches, pour ne pas courir le risque d’être reconnus par les hommes qui nous avaient arrêté.

Nous sommes arrivés devant une maison coloniale, avec une porte renforcée de barres métalliques, de petites meurtrières au rez-de-chaussée et des fenêtres grillagées au premier étage. Nous allions enfin pouvoir nous laver !

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Nicolas Poussin : St Jean Baptiste baptisant le peuple. 1635 (env.)

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Le personnage en bleu.

Meurtres au Louvre – 33

A l’abri derrière la fumée de l’incendie, nous reprenions notre souffle (tousse ! tousse!), lorsque je faillis avoir une crise cardiaque : Madame X était juste derrière nous dans une superbe tenue noire, avec des bottes en cuir de même couleur, et un chapeau tricorne.

Elle nous fit sortir du Fort par une porte donnant sous les remparts et nous dit : « La mission ne vient que commencer ; nous partons pour Maracaibo. Ce n’est qu’à vingt cinq miles nautiques, par le chenal qui mène au Lac Maracaibo. »

Devant nos réserves, à la suite des épreuves que nous avions connu, elle dit : « En voilà des mauviette ! En navigant nous parlerons de la mission – du moins ce que je peux vous en dire. »

Nous sommes montés dans une petite barque à une voile, qui nous a acheminé par le chenal vers la ville de Maracaibo. Monsieur Moochagoo s’occupait de la voile et moi du gouvernail. J’ai eu du mal à le trouver.

Madame X, après m’avoir félicité d’avoir enfin trouvé le gouvernail, nous a expliqué que nous étions ici, en 1667, au moment de l’attaque de l’Olonnais, car c’était une période favorable pour passer inaperçus et retrouver la personne qui avait déposé au Louvre les papiers « Signé : Khaos », avec les reproductions de la peinture de Zhu Derum intitulée « Hunlu tu » [Chaos Primordial]. 

Rappelons que cette personne avait créé les événements étranges du Louvre, en se servant des phénomènes annexes (ou bugs temporels) de la faille temporelle que les Grands Initiés utilisaient.

La personne en question était à Maracaibo en ce moment. Nous allions la piéger en profitant des désordres à venir.

Je ne m’en souviens plus très bien, mais Madame X a sorti d’une bâche, une bouteille de rhum, et nous fit boire au goulot une gorgée ou deux, « pour vous remettre ; ça fait du bien un petit coup de rhum ».

Une heure après, la bouteille était vide. Madame X assurait la navigation pendant que Monsieur Moochagoo et moi chantions à tue-tête sur le chenal :

« Fifteen men on a dead man’s chest
Yo ho ho and a bottle of rum.

Drink and the devil had done for the rest
Yo ho ho and a bottle of rum… »

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Dessin de Marc Davis (1913-2000), illustrateur de Disney.

Meurtres au Louvre – 32

Les pirates de l’Olonnais, et ceux qui avaient été en prison avec nous, se battaient comme des lions contre les soldats espagnols.

Monsieur Moochagoo d’un geste vif avait relevé l’arquebuse du soldat espagnol dont le coup est parti dans le vide, puis il l’assomma avec un grand bâton trouvé dans la cour du fort.

Je me faisais l’effet d’être Errol Flynn combattant le sherif dans le château de Nottingham. J’essayais de me protéger des coups de hallebarde et de sabre, et regrettais amèrement mon fusil quantique.

Je me méfiais particulièrement des soldats qui, d’une main brandissaient un sabre et de l’autre une courte dague. Il y avait des hurlements, du sang et des cris d’agonie. Il ne fallait faire attention au sang ou aux intestins répandus. (Les lecteurs voudront bien m’excuser de ces détails sordides.)

Monsieur Moochagoo avait un côté Petit Jean dans Robin des Bois. Avec son bâton, il continuait à assommer ses adversaires avec une grande dextérité. Je me souvins qu’il s’entrainait au bō-jutsu, art martial du maniement du bâton long.

Des bâtiments en bois du fort étaient en feu, et la fumée masquait une partie de la cour.

Monsieur Moochagoo, aux prises avec un combattant, qui le menaçait d’une hallebarde en hurlant : « Bellaco » (scélérat), devint furieux : « Personne ne m’a jamais traité de bellaco ». Il s’empara de la hallebarde et lui piqua les fesses.

Un autre soldat espagnol s’écroula devant moi avec une hache plantée dans la tête. Le pirate qui avait lancé la hache chantait : « Yo ho ho and a bottle of rum/Drink and the devil had done for the rest/Yo ho ho and a bottle of rum. »

Profitant de la fumée, nous nous sommes éclipsés dans un coin du fort. 

Mais où était donc Madame X ?

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Je me faisais l’effet d’être Errol Flynn combattant le shérif dans le château de Nottingham.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Meurtres au Louvre – 31

Une nuit parmi les pirates dans notre prison du Fort San Carlos de la Barra est une nuit de rêve. Les puces, les punaises et les poux ont un avantage : ils ne ronflent pas contrairement à nos amis boucaniers.

On a finit par s’habituer aux odeurs fortes de nos compagnons.

Conscient que Monsieur Moochagoo avait connu une période récente de fin’amor (ou amour courtois), avec Sophie Chardrakanta, je lui parlais de Guido Cavalcanti, poète florentin (1255 env.- 1300), qui parle fort bien du mal d’amour. Les effets de l’amour influencent notre corps via les yeux, l’esprit et le cœur. L’amoureux risque parfois de perdre sa raison.

Monsieur Moochagoo goutait le rhum qu’avaient obtenu les pirates en payant le geôlier. Il me regarda et me fit remarquer que sa vie privée ne me regardait pas, et me fit boire une larmichette de rhum. C’était bon ; je pleurais à chaudes larmes.

Soudain les pirates se sont éveillés, alertés par le geôlier qui laissa la porte ouverte : «François l’Olonnais et ses hommes vont pénétrer dans le Fort par une porte dérobée, préparez-vous.» Ils firent sauter les briques d’un mur avec une barre de fer, et dégagèrent une cache d’armes blanches.

Ils nous ont donné à chacun un sabre d’abordage, nous invitant à combattre avec eux : « Frères, vous êtes des nôtres ! A l’abordaaaaaage !!!! »

Monsieur Moochagoo m’a conseillé de rester derrière lui, pendant qu’il examinait la situation. Nous nous sommes trouvés nez à nez avec un défenseur espagnol du fort qui a crié en pointant son arquebuse : « Je vais vous occire, racaille ! »

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Meurtres au Louvre – 30

Nous étions dans une cave voutée du Fort San Carlos de la Barra, qui servait de prison à toute la racaille des Caraïbes. Apparemment nous faisions partie de la racaille. Plusieurs dizaines de pirates nous tenaient compagnie. A l’odeur, ils n’avaient pas du prendre de douches depuis des mois, à condition que le mot douche ait eu pour eux une signification.

Ils chantaient des chansons fort agréables à écouter : « Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me. / We pillage, we plunder, we rifle and loot. / Drink up me ‘earties, yo ho. / We kidnap and ravage and don’t give a hoot. / Drink up me ‘earties, yo ho. » Monsieur Moochagoo ne dédaignait pas de les accompagner.

Nous partagions des boucans de rats dont les entrailles avaient été remplis de jus de citron, de sel, de piment écrasé, et poivrés. C’était délicieux. Hélas, le bon vin, qui est l’âme du repas, manquait.

Monsieur Moochagoo parlait de « plaisirs innocents, dont il faut profiter quand ils se présentent. »

Je lui demandais si les poux, les puces et les punaises faisaient partie des plaisirs innocents. Il me traita de rabat-joie : « Chez les romains, il faut vivre comme un romain. » Ce que j’admire chez Monsieur Moochagoo, c’est son don pour créer des adages. 

Mais où était donc Madame X, et pourquoi avait-elle disparu, alors que nous étions chez un fripier de Maracaibo pour nous habiller à la mode du pays ? 

Parée d’une tenue affriolante, elle avait dit : « Je reviens dans une heure, rendez-vous à la taverne de Cook. »

Avant notre rendez-vous, nous avons eu quelques soucis avec les hommes du gouverneur, qui nous fit, après les politesses d’usage, transférer au Fort San Carlos de la Barra. Qu’allons-nous devenir si elle ne revient pas ?

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Castillo San Carlos de la Barra.

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Meurtres au Louvre – 29

Les yeux de la chef d’état major étaient réduits deux fentes. C’était pire qu’un regard glacial. J’allais me briser en morceaux et me répandre sur le sol. Je n’avais plus qu’à invoquer Shiva, dieu de la destruction.

Brusquement elle a sourit (enfin presque), m’a tapé sur l’épaule : « Vous savez, je tricote à mes heures, ça me calme. Madame X vous aime bien. Et si Madame X vous aime bien, c’est bon signe. Vous avez une nouvelle mission délicate avec Monsieur Moochagoo. J’espère que Sophie Chardrakanta ne le fatiguera pas trop d’ici là. »

J’étais complètement réchauffé de l’intérieur avec un gros bleu sur l’épaule. Quelle force ! Ah, les femmes de 2057 !!

En revanche elle m’avait énervé : « J’espère que Sophie Chardrakanta ne le fatiguera pas trop d’ici là », gna, gna, gna….

En repartant, Madame X m’a certifié que la chef d’état major avait un bon fond : « Elle est parfois un peu rude à cause des nécessités du service et de ses responsabilités. »

Nous sommes repartis en sens inverse. Madame X a éparpillé dix huit chars AVARK90, comme si elle avait coupé quelques petits légumes.

Clay Gannon a été affecté provisoirement à une unité de recherche de mémoires informatiques sur des serveurs de clouds, enfouis sous des ruines.

Nous nous sommes préparés pour notre prochaine mission.

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Shiva.

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Meurtres au Louvre – 28

Sous-sols du Louvre – 21 mars 2057- Durant la nuit.

Clay Gannon explorait les profondeurs de son nez tout en lisant : « Bud the hunter », un livre passionnant sur les aventures d’un chasseur de loups en Alaska au XIXe siècle.

Monsieur Moochagoo se coupait les ongles de pieds en jurant contre un début d’ongle incarné.

Et moi je repensais à notre incursion en 2212 qui n’avait duré qu’une seconde puisque le départ et le retour se passèrent au même instant. L’idéal pour une mission essentiellement secrète dont personne n’était au courant, à part Madame X, Monsieur Moochagoo, moi et l’Etat Major restreint de la base de La Défense.

Madame X réparait ma tenue intégrale en nano-céramique qui, paraît-il recyclait très mal mes fluides (et solides si besoin était) corporels. Ce médiocre recyclage provoquait ma soi-disante odeur de livarot.

Elle me rendit ma combinaison en disant : « Réparée ! Allez les gars, nous partons pour La Défense. Nous sommes convoqués par l’état-major, j’ai un compte-rendu à faire de vive voix. »

Au début nous avons utilisé un véhicule fait de bric et de broc qui ne nous a pas pas mené très loin. Des chars AVARK90 patrouillaient. Nous devions rester « invisibles », ordre de l’Etat-Major, alors nous avons continué à pieds comme d’habitude.

Nous sommes passés en partie dans des portions de métro praticables, et en partie dans les ruines de surface. J’ai éliminé par erreur un robot nettoyeur de rues.

Nous sommes arrivés dans les sous-sols de La Défense, et Madame X s’est enfermée deux heures avec l’état-major.

Clay Gannon se demandait, au bout de deux heures, ce qui avait motivé que nous refaisions un parcours aussi dangereux. J’ai répondu qu’elles devaient sûrement se refiler des conseils pour faire du tricot. Il m’a dit : « Ah, ah, si la grande chef apprenait ce que tu viens de dire… » 

Le problème, c’est qu’elle le savait, elle était derrière moi.

Meurtres au Louvre – 28

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Berlin, Nevada, 22 mars 2112.

Nous étions en 2212 à Berlin, un village fantôme (ghost town) du Nevada. Chers lecteurs, ce n’est pas une blague. Berlin s’est bâti autour d’une ancienne mine, loin de tout. Il ne reste que des baraques en ruines et l’entrée de la mine. On y accède par une longue route en terre.

C’est là qu’on a découvert en 1928 des restes d’ichtyosaures (Shonisaurus popularis), vieux de 180 millions d’années. Pour célébrer cette découverte, on a représenté un ichtyosaure grandeur nature, sur un mur en béton de 15m environ.

Madame X avait choisi cet endroit et cette date, “pour avoir moins de mauvaises surprises, a priori ce sera un endroit calme. C’est parfait pour savoir si la situation s’est améliorée depuis 2057.”

Madame X – notre chef d’équipe, maintenant officielle ; elle pouvait mener des missions indépendantes – nous avait réuni Monsieur Moochagoo et moi.

Elle nous avait dit qu’elle faisait partie des Grands Initiés, comme Nicolas Poussin, qui pouvaient voyager dans le temps, et nous avait envoyé ipso facto en 2112 à Berlin, Nevada.

Nous étions un peu à l’écart et observions à la jumelle les quelques habitations en rondins recouverts de bâches. Les rares habitants – uniquement des femmes et des enfants – étaient habillés de hardes.

Le mur en béton était en partie endommagé depuis qu’il avait été construit dans les année 1980, mais, à notre grande surprise, l’image de l’ichtyosaure était devenue une divinité. Devant le mur, quelques bougies grossières fumaient, à coté d’offrandes. Une femme et un enfant semblaient faire un prière à l’ichtyosaure.

Nous étions vêtus d’une chemise et d’un pantalon en lin avec des espadrilles, et avons pu entrer en contact sans trop créer de panique, en déposant une offrande aux pieds de l’ichtyosaure.

Ils parlaient un mélange d’anglais et d’espagnol et nous avons cru comprendre qu’il y avait eu “mucho bad wars” et que depuis, les hommes mouraient tous vers vingt ans d’un enfermedad-virus.

Nous leur avons laissé des provisions et sommes repartis ; manifestement la situation n’est pas idyllique.

Nous sommes revenus dans les sous-sols du Louvre, à la même seconde même où nous étions partis. Les voyages temporels ont du bon.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Meurtres au Louvre – 27

Grande Galerie du Louvre – 20 mars 2057- Durant la nuit.

Clay Gannon m’expliquait qu’il avait passé une partie de son enfance à Groton dans le Vermont. La route traversait le village d’ouest en est, et il était facile de se repérer si on lui demandait d’aller voir le vieux Jimmy Thornton à l’ouest du village.

Mais après, sa famille s’est installée un peu plus loin, à West Groton, et là, il a eu un peu plus difficultés s’il devait aller à l’ouest de West Groton, qui était – comme son nom l’indique – à l’ouest de Groton, ou encore pire, s’il devait aller l’est de West Groton qui se trouvait assez prêt de l’ouest de Groton, à un point où on ne savait pas si on était à l’est de West Groton, ou à l’ouest de Groton. « Il y avait doute, c’était pas facile, tu comprends ? »

En l’écoutant, je me massais les tempes pour remettre en place mes idées, mais je m’aperçus que je ne savais pas à quelle place étaient mes idées.

Nous étions cachés dans les ruines de la Grande Galerie du Louvre au niveau des anciennes peintures italiennes du XVe siècle.

Sophie Chardrakanta nous avait donné pour mission d’aller voir des intrus qui ne semblaient pas être des combattants de l’Alliance. Si c’étaient des « civils », il fallait surtout ne pas entrer en contact.

Nous n’étions que trois avec Monsieur Moochagoo, mais sans Madame X qui avait dit : « Vous n’avez pas besoin de moi. Vous allez bien vous amuser, vous verrez. »

Sur ces paroles sibyllines nous étions allés nous poster dans la Grande Gallerie. Monsieur Moochagoo avait des jumelles de vision nocturne et observait deux personnes en train de bavarder, dont une habillée bizarrement. Puis deux autres personnes arrivèrent qui en soutenaient une troisième.

Monsieur Moochagoo a dit : « Bon, incident clos, nous nous replions immédiatement, ce sont des civils qui ne sont pas armés. »

De retour dans les sous-sols du Louvre, je lui demandais ce qu’il avait vu. Il me répondit : « Gardez ça pour vous, silence radio sur cette mission. C’étaient nous et Nicolas Poussin. Vous remarquerez que Madame X savait d’avance ce que nous allions voir. » 

Je pensais en moi-même : « Mais qui est donc cette Madame X ? »

 

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Groton.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Meurtres au Louvre – 26

Les lecteurs sont en droit de se demander pourquoi la terrible chef Sophie Chardrakanta n’était pas au courant des performances au combat de Madame X. 

Rembobinons le film : Sous-sols de La Défense – 13 mars 2057- 0h30 du matin.

Madame X vient de sortir de sa réunion avec l’Etat Major féminin de la coalition. La Chef d’Etat Major nous fait signe à moi, Monsieur Moochagoo et Clay Gannon, genre : « Venez ici moitiés de vermisseaux ! ».

Elle nous a demandé de ne jamais parler de Madame X à quiconque, et encore moins de ce qu’elle pourrait faire au combat. Obligation absolue.

Elle a ajouté : « Bien sûr si vous voulez mourir, vous êtes délivrés de cette obligation. »

J’ai ris bêtement à la fine plaisanterie. Elle m’a regardé avec des yeux de crocodile regardant un rat d’égout : « Ai-je un tête à amuser la galerie ? »

J’ai bredouillé : « Je m’excuse Madame, ça ne se reproduira pas. »

En partant, Monsieur Moochagoo et Clay Gannon se bidonnaient et m’ont rappelé qu’il faut mieux fermer sa gueule face à la Chef Etat Major, sauf si on vous invite à parler.

Madame X me dit: « Vous savez, en fait, elle plaisantait. Faut pas vous en faire, c’est son mode de fonctionnement. » 

Ecrasé par la Chef d’Etat Major, consolé par Madame X, mes sentiments étaient dans un état…

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)