Meurtres au Louvre – 17

Nous avons rejoint la Coalition Mondiale contre l’Alliance de la Vraie Foi en septembre 2056 (six mois avant notre découverte, avec Alexis, de la Grande Galerie en ruines).

Monsieur Moochagoo était enthousiaste et m’avait dit, malgré mes réticences, « Vous avez accepté d’être mon Watson au Louvre, vous ne pouvez pas vous dédire. Vous n’êtes pas un pleutre, que diable. » 

Nous avions subi un entraînement que je qualifierai d’effroyable, enfin surtout en ce qui me concernait. J’aurais aimé être un pleutre, mais c’était trop tard.

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Quartier de La Défense. 7 mars 2057 – 02h34.

Les combats sont incessants. Il fait presque jour en pleine nuit. Notre système de vision nocturne s’en trouve affecté.

Ce qu’il y a de terrible avec ces tenues en nano-céramique, c’est que, si elles refroidissent à l’extérieur pour diminuer notre signature thermique, elle chauffent beaucoup à l’intérieur. Je me fais l’effet d’une saucisse de morteau en train de mijoter avec du chou blanc. Je ne devrais pas penser à la saucisse de morteau, car la nourriture infecte que nous mangeons depuis six mois me sape le moral.

Nous sommes en embuscade depuis deux heures derrière un bout de pont en béton, et attendons la cible, que l’écran du casque nous désignera. Il n’y aura pas de contact audio, et il faudra opérer très vite. J’en ai marre de respirer en circuit fermé, mais cette pluie de suies persistante doit être saturée d’acides.

Encore une rafale de mitrailleuse juste au dessus de nos têtes. Le petit char autoguidé qui traîne dans le coin, est remarquable ; il tire sur tout ce qui bouge, sans aucun discernement. On déjà perdu nos deux robots auxiliaires à cause de lui. Je les aimais bien, ils savaient faire cuire le rat.

Le quartier de La Défense n’est plus que ruines. L’Alliance pour la Vraie Foi a tout rasé. Nous leur avons fait croire que le gros de nos forces y était massé. 

Mon écran de casque vient de faire un bip visuel, sous forme de carré jaune. Il faut que je tire à travers le mur d’en face, exactement au niveau du point rouge clignotant. Je prépare mon fusil à linéament quantique LNQ72. Il lance des balles virtuelles qui se matérialisent au niveau de la cible et passent donc sans difficulté à travers un obstacle solide.

C’est parti, la cible est touchée. On se replie.

Monsieur Moochagoo sifflote à côté de moi, tout guilleret dans sa tenue étanche en nano-céramique, très seyante. Il ne semble souffrir ni de la chaleur, ni de la nourriture infecte, ni du confort inexistant de notre « base » sous le Louvre.

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Le quartier de La Défense n’est plus que ruines.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

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