Meurtres au Louvre – 20

Le Louvre. 10 mars 2057 – 01h17 du matin.

Proust a dit : « Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie mais de l’obscurité et du silence ». Je prends des notes sur la guerre – telle que nous la vivons – de la Coalition Mondiale contre l’Alliance pour la Vraie Foi, mais l’obscurité et le silence étaient oppressants. Je préfère encore le chant mélodieux des chars AVARK90.

Ce sont ces notes que vous lisez, chers lecteurs.

Nous étions remontés dans la Grande Galerie. Elle était dans le même état où nous l’avions trouvée, lorsque nous étions venus par le long couloir souterrain qui partait de la Crypte d’Osiris . Un toujours triste spectacle. Il tombait une neige noire et grasse. La température était tombée à 0°.

La chef avait détaillé notre ordre de mission : « Remontez dans la Grande Galerie du Louvre, enfin, ce qu’il en reste, pour procéder à un échange avec l’Alliance. Attendez jusqu’à 02h00. Vous leur donnerez cette petite boîte blindée et scellée. Eux seuls pourront l’ouvrir. Je ne sais pas ce qu’ils vous remettrons. Secret défense. Il paraît que ce que vous récupérerez est d’une importance capitale. Alors, ne faites pas les mariolles.»

Nous étions six avec deux robots, comme d’habitude. Clay Gannon, le gars du Nevada, était à côté de moi. Il chantait à voix très basse avec Monsieur Moochagoo, une chanson country : « Two good reasons » de Kenny Rogers. Monsieur Moochagoo était rose et frais et semblait très gaillard. Chers lecteurs, je ne ferai aucun commentaire sur ce côté gaillard.

Dans la Grande Galerie, nous avons croisé un robot assistant-restaurateur du Louvre hébété. Il se prenait pour « une coquille vide, qui plane très haut dans l’éther ». Je comprends qu’il ait disjoncté.

A 01h59, un robot de l’Alliance est arrivé. Nous lui avons donné la boîte. Il a fait un signe, et une femme en combinaison noire à reflets irisés s’est avancée, sans casque intégral de protection contre les poussières et les suies toxiques. Elle a dit :  « C’est moi l’échange ».

Ma mâchoire s’est décrochée d’étonnement. Monsieur Moochagoo – il en fait vraiment des tonnes – lui proposa immédiatement son bras pour l’aider à marcher dans les gravas. Elle lui sourit, avec un petit quelque chose d’ironique. 

Nous sommes redescendus vers notre Club de Vacances en sous-sol. Comment fait-elle pour simplement respirer ?

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