Meurtres au Louvre – 36

Nous sommes passés près du palais du gouverneur. Touchée par  une bordée tirée par le galion de l’Ollonais, une partie de la façade s’était écroulée. La lourde porte de l’entrée gisait au sol.

Madame X nous avait demandé d’enfiler sous nos tenues locales, une sorte de combinaison en treillage composé de fils très minces qui, en cas de projectiles, de feu ou d’agents chimiques, recouvraient intégralement le corps.

Avant d’aller plus avant dans Maracaibo bombardée, je pensais trouver le « Traité des fins dernières » de Saint Thomas d’Aquin, soucieux des conditions de mon trépas et malgré les protections que m’offrait cette combinaison. Hélas, nul « Traité des fins dernières » n’était disponible à proximité.

Monsieur Moochagoo me demanda d’arrêter de claquer des dents. Ce bruit l’empêchait de chercher sur un plan approximatif, l’adresse où Madame X pensait que le personnage en bleu se cachait.

Evitant de justesse un bâtiment qui s’écroulait, touché de plein fouet par une nouvelle bordée, nous avons quitté la place du palais du Gouverneur. Un nuage de poussière se répandit autour de nous.

Les cris féroces d’un groupe de pirates qui avaient pénétré dans la ville, couvraient à peine un bruit de fusillade, en provenance des défenseurs.

Je me voyais capturé par les pirates et soumis à une effroyable torture, semblable à celle infligée à St Erasme : l’extraction des intestins, enroulés sur un treuil de bateau. Je visualisais le tableau de Nicolas Poussin. Cette visualisation intempestive faillit provoquer mon évanouissement.

POUSSIN Le Martyre de St. Erasme 1628

Martyre de Saint Erasme (1628-29)

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

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7 réflexions au sujet de « Meurtres au Louvre – 36 »

    • J’ai vu la toile il y a une semaine à l’exposition Poussin au Louvre. Les gens passent, regardent et ne voient pas l’horrible torture, et ceux qui réalisent restent tout songeurs.

      • Ce qui choque surtout, c’est le calme de Saint Erasme, on ne distingue pas immédiatement ce qu’il se passe, c’est ça qui est impressionnant.

  1. Et moi qui remonte le temps d’hier à aujourd’hui de la semaine passée… Perdue entre l’homme vêtu de bleu, les pirates, la jeune capricieuse et les

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