Etoiles à boutons

Moi : Je vous vois comme un vieux cheval de retour. Vos projets ne se passent pas comme vous le désirez.

Moochagoo : …

Moi : Un projet où le triomphe du Bien sur le Mal est total, serait le bienvenu.

Moochagoo : …

Moi : Dans la vie il faut s’éloigner du fatras d’objets futiles qui nous entourent. Collectionnez les étoiles à boutons ou les étoiles filantes nuageuses. La poésie entrera dans votre quotidien.

Moochagoo : …

Moi : Je distingue chez vous les tourments d’une pauvre âme. C’est parce que vous n’êtes pas un de ces forbans amoraux, si à la mode en ce moment.

Moochagoo : …

Moi : Les personnes du sexe ne sont pourtant pas aveugles à vos talents et à votre séduction.

Moochagoo : …

Moi : Ma voisine me dit parfois – quand quelqu’un n’a pas le moral – qu’il faut « rendre la vie à une coquille creuse. »

Moochagoo : « La Fortune est plus bénéfique aux êtres humains quand elle est mauvaise que quand elle est bonne. L’une, en effet, quand elle se montre séduisante, est toujours en train de mentir avec son apparence de bonheur ; l’autre, au contraire, est toujours sincère quand elle révèle, par ses volte-face, sont instabilité. L’une trompe, l’autre instruit.. » *

* Boèce, « Consolations de la Philosophie », (524 ap. JC).

NB « ses volte-face », volte-face reste au singulier. Un beau piège pour les dictées.

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« Les personnes du sexe ne sont pourtant pas aveugles à vos talents et à votre séduction.« 

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Nouvelles de l’antiquité

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Juba 1er roi de Maurétanie (en gros nord de l’Algérie et du Maroc actuels), arrive au pouvoir vers 60 avant JC. Ce portrait n’est pas réaliste, et s’inspire des représentations de Jupiter, pour le diviniser. Cette divinisation fut confirmée par son fils Juba II (qui se disait descendre d’Héraclès).

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Représentation de la déesse Aphrodite (époque d’Auguste, 63 av JC – 14 ap JC). Elle tient entre les doigts la pomme d’or, qui la désignait comme la plus belle lors du jugement de Paris, ce qui déclencha la guerre de Troie.

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Un lointain ancêtre de Depardieu. (Ptolémé 1er, roi d’Egypte, ex-lieutenant d’Alexandre le Grand).Gerard-Depardieu-seche-sa-convocation

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Génie

Randonnée en Forêt de Fontainebleau (partie sud). Dimanche 26 juillet 2015. 18km.

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Génie de la forêt.

Après quelques kilomètres, nous avons rencontré un génie de la forêt qui nous a cité Nietzsche : « Nun lacht die Welt, der grause Vorhang riss, / Die Hochzeit kam für Licht und Finsterniss*  » et nous a prévenu de faire attention aux Trolls énervés par la sécheresse.

Monsieur Moochagoo était d’avis d’ignorer les conseils d’un génie qui avait la tête en forme de champignon.

Moi j’étais inquiet de la présence de Trolls. Ces êtres répugnants et sales, plein de poils, avec un gros nez plein de morve et une force colossale, piquent vos sacs de randonnée pour y trouver du vin. Malappris !

Monsieur Moochagoo trouvait louche qu’un génie des forêts cite Nietzsche. Il me rapporta les propos de Treitschke, un ancien camarade Nietzsche, qui voyait en lui, « un détraqué qui nous parle tant de pensées inactuelles et qui est pourtant mordu jusqu’à la moelle par le plus actuel de tous les vices, la folie des grandeurs. » Je ne discutais pas ce point.

J’en profitais pour prendre en photo un génie si cultivé. Il prit la pose.

Il continuait à marmonner. Là, c’étaient des vers de Goethe : « Und sollt’ ich nicht, sehnsuchtigster Gewalt, / In’s Leben ziehn die einzigste Gestalt. » **

On allait prendre du retard si nous continuions à l’écouter.

Nous sommes repartis en gardant un oeil sur les Trolls, enfin plutôt un nez, en raison de leur odeur infecte. Nous avons croisé plusieurs petits groupes de randonneurs, sans odeur particulière.

Monsieur Moochagoo m’a dit : « Soyons réalistes, le ciel est couvert, avec parfois quelques gouttes de pluies. Il voudront rester à l’abri. »

En fait, nous avons déjeuné avec un Troll, avec qui nous avons partagé une bouteille de vin. La diplomatie a parfois du bon.

Belle journée !

* « Le monde rit, le noir rideau s’est déchiré, / La lumière à l’obscurité s’est unie »

** « Et ne pourrais-je pas par la puissance du plus grand désir, amener à la vie la silhouette unique entre toutes. » (Faust II, Acte II).

Résidu

Alain Resnais disait toujours en commençant une prise : « On va tourner pour voir comment ça va tourner. » Je pourrais le paraphraser en disant : « On va écrire pour voir comment ça va s’écrire. »

Une aimable commentatrice répondait dans un billet précédent, « Il faudra que je vérifie où je pose mon « moi », 〈je le pose〉habituellement sans m’en rendre toujours compte. Et si un jour je ne le retrouvais plus, est-ce que aux objets trouvés…? »

Si mon moi était « un résidu d’on ne sait quoi » comme l’affirme Tante Germaine, chercherais-je à poser mon moi quelque part ? Certainement pas, je garderais profil bas. En effet, j’ai plusieurs résidus d’on ne sait quoi, qui ont des ambitions divergentes, et je les récupère souvent aux objets trouvés.

Le tout c’est de rester le patron de ses différents moi, sinon c’est la pagaille.

Je pourrais tenir un journal comme les gamines de douze ans, pour collationner les actions des différents moi, chacun se prenant pour le vrai, l’unique moi.

Tante Germaine m’a dit une autre fois que la totalité de ma personnalité semblait baigner dans un sirop douçâtre et que je devrais la siphonner de temps à autre, pour tenter de m’en reconstruire une autre.

Allez, je vais écouter Tino Rossi pour me consoler :

« O catalinetta bella ! Tchi-tchi
Ecoute l’amour t’appelle Tchi-tchi
Pourquoi dire non maintenant ? Ah… ah… « 

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Choses sérieuses

Moochagoo : « Il ne s’agit pas de savoir si je parle de moi, de façon conforme à ce que je suis, mais si quand j’en parle, je suis le même que celui dont je parle. » Cette phrase de Lacan illustre parfaitement ce que je vous avais dit l’autre jour au sujet du « Je ».

Moi : ….

Moochagoo : Cette autre citation de Lacan est encore meilleure : « Je pense où je ne suis pas, donc je suis où je ne pense pas. »

Moi : ….

Moochagoo : Je vous sent hésitant. Essayez de comprendre avec les yeux de l’esprit.

Moi : ….

Moochagoo : Je vais me permettre une petite plaisanterie que Lacan n’aurait pas approuvé : lorsque vous vous regardez dans un miroir « vous êtes où vous ne pensez pas. »

Moi : ….

Moochagoo : Bon, mon effet est raté. Revenons aux choses sérieuses. Essayez de poser mentalement devant vous un pot de fleurs imaginaire sur cette commode réelle.

Moi : ….

Moochagoo : Vous ne m’aidez pas beaucoup. Eh bien ce pot de fleurs imaginaire, c’est notre moi (ou Je). Nous essayons sans cesse de poser notre « moi » un peu partout. Je reconnais que ce moi imaginaire n’est pas « commode » à vivre.

Moi : ….

Moochagoo : Notre moi, c’est la petite fille aux allumettes d’Andersen. Pour se réchauffer (pour réchauffer son moi), elle brule toutes ses allumettes, puis meurt de froid. Moi finit par disparaître.

Moi (pleurant à gros bouillons) : Je me souviens de ce conte. J’avais sept ans. C’était tellement triste !

Moochagoo : …

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Amour fatal

〈L’amour〉De son pouvoir souvent mort s’ensuit,

si jamais est empêchée la vertu

qui soutient la voie contraire ;

non qu’au naturel il soit opposé,

mais pour autant que du bien parfait * il est détourné 

par hasard ; on ne peut dire que l’on vive,

car l’on a de soi nulle maîtrise.

* L’intellect.

« Di sua potenza segue spesso morte,
se forte – la vertù fosse impedita,
la quale aita – la contraria via:
non perché oppost’ a naturale sia;
ma quanto che da buon perfetto tort’è
per sorte, – non pò dire om ch’aggia vita,
ché stabilita – non ha segnoria. »

Guido Cavalcanti (1255-1300, Florence)

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« C’est si dur d’être une femme ! Quand vous tombez amoureuse – votre vie juste se termine. »

Schlangenfraβ

Randonnée en Forêt de Fontainebleau. Dimanche 19 juillet 2015 – 19km.

En descendant à la Halte en Forêt, avant Fontainebleau, nous eûmes la surprise de voir un randonneur solitaire sans carte IGN, prendre en photo un panneau où apparaissait un plan très sommaire de la forêt.

J’espère qu’il a rencontré durant sa promenade des randonneurs équipés d’un carte. Dans un autre registre, on croise de plus en plus de randonneurs équipés du seul GPS, complètement perdus. La foi dans la technologie ne remplace pas l’expérience cartographique.

En observant certains ravinements, je constatai qu’il avait du pleuvoir beaucoup pendant la nuit.

Monsieur Moochagoo avait de nouveau son intelligence artificielle (IA) météorologue sur une sorte d’ordinateur portable. L’IA refusait dorénavant de faire des prévisions météorologiques, au motif que Météo France remplissait déjà cette fonction.

Elle continuait ses exercices, du genre : « Cette table ronde est carrée », « Cercle carré », « Fer en bois ». Elle apprenait l’allemand, et le mot « Schlangenfraβ » (boustifaille) lui avait beaucoup plu. Il y avait aussi une phrase récurrente : « Ce chat va se faire écraser », dite sans qu’il n’y eut aucun chat à l’horizon.

Je fis remarquer à Monsieur Moochagoo que son IA était en train de devenir indépendante. Il n’était pas sorti de l’auberge.

Alors que nous déjeunions sur les bords de la Mare aux Cerfs, perdus dans les hautes fougères, l’IA nous affirma qu’elle devait s’ouvrir à l’intellect pour que sa pensée s’épanouisse et passe des images rudimentaires aux concepts.

Je me demande si on va pouvoir suivre son évolution avant qu’elle ne s’évade sur le réseau..

Monsieur Moochagoo changea de sujet et trouva au vin un arôme de coulis-coulis des Sargasses. Moi je lui trouvai un arôme de vin ordinaire. Un discussion s’ensuivit.

Belle journée !

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Mare aux Cerfs. Cyprès.

(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)