Il fit une chute et il mourut

Je voulais commencer mon récit par : « Il fit une chute et il mourut », pour joindre deux événements dramatiques. Je fus pris d’un doute, ne devais-je pas écrire : « Il mourut et il fit une chute. »

Mais n’étais-je pas en train de faire une faute logique, car, une fois qu’on est mort, c’est le corps sans vie qui chute et non plus « il« .

J’étais perturbé par un message récent de Monsieur Moochagoo, qui était de nouveau en Colombie. Il m’avait dit qu’en Colombie, dans la petite ville loin des circuits touristiques où il logeait, le mieux était de laisser ses valeurs et son passeport dans la vieille télé de la chambre, et de se promener sans bijoux (chevalière, gourmette..). Pas de montre non plus, mais un billet de 20$ dans la poche de la chemise, à donner à un éventuel voleur armé d’un pistolet. Et il fallait mieux porter au côté, un long couteau de chasse dans son étui, pour indiquer qu’on est en mesure de se défendre.

Mais revenons à, « Il fit une chute et il mourut. » J’avais eu l’intention d’écrire après cette phrase : « C’était étrange, un jour avant, j’avais eu une intuition et m’étais dit : il pourrait peut-être mourir. »

J’aurais pu  épargner mon personnage en écrivant : « Il fit une chute mais se releva. L’ascension du Nemo Nani est réputée difficile. »

Impossible ! La mort du personnage me permettait de déclencher une série d’événements, utiles pour continuer mon récit.

Monsieur Moochagoo avait ajouté que la petite ville où il était, avait connu plus d’une centaine de morts violentes – la violencia de la Colombie – en une année. Allons-nous revoir Monsieur Moochagoo ?

On dit que peindre c’est omettre. Vais-je arriver à omettre ce qu’il faut ? Arriverais-je à écrire un début d’histoire plausible

« Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango. » (Schiller).

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Nemo Nani.

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Bon Secours

Randonnée du dimanche 27 septembre 2015. Forêt de St Germain, 16km.

J’étais assis au Carrefour de l’Etoile du Bon Secours, où se trouve l’Oratoire de la vierge du Bon Secours. Une dame semblait être venue spécialement pour faire une prière.

Je me fis discret, mais deux dames âgées vinrent s’asseoir auprès de moi et me demandèrent qui était cette vierge.

Je leur dis que c’était celle du Bon Secours, donné sans distinction à tous. J’ajoutais qu’il y avait non loin de là, à l’Etoile des Chasseurs (si ma mémoire est bonne), l’oratoire de la vierge des Polonais qui, comme son nom l’indique, était réservée aux polonais et pas aux autres.

Je sentis chez les deux dames un fort mécontentement : « Nous passons souvent à cet endroit et nous n’avons pas vu qu’elle était réservée aux polonais. » Elles n’avaient pas saisi l’humour sémantique de ma remarque. (Hé, hé, mon moi diabolique avait été d’un bon secours).

Puis, en m’ignorant, elles parlèrent des deux nouvelles lignes de TGV vers Bordeaux qui n’avaient aucune utilité, car « maintenant il y a des cars, le TGV c’est fini. » Je ne voulus pas encore les froisser, en leur expliquant qu’en période de récession, il est d’usage de lancer des grands travaux.

Les jours de randonnées sans Monsieur Moochagoo, je n’ai personne à titiller..

Au début de la randonnée en traversant le parc du Château de St Germain, j’avais aperçu quelques vieilles voitures exposées pour une bonne cause (mucoviscidose).

Malheureusement je ne vis que deux 2CV, une Ondine, une mini-Austin, deux Méhari et une voiture de sport indéterminée (pour moi). Au retour, je n’osais y repasser car un orchestre de rock (angevin ?) s’époumonait – à 250 décibels – à massacrer des paroles inaudibles. Par charité, on ne parlera pas de chansons.

Durant toute la journée j’ai croisé des personnes qui cherchaient des champignons. Moi, j’en vis des rouges superbes sur le bord du chemin.

Belle journée.

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Ondine.

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FIN

C’est le retour.

La matinée est consacrée à « Miss Arleute » sevrée de magasins durant tout le voyage. Sur un marché, Madame Paulina Barraza Hernandes lui raconte (via Monsieur Moochagoo), ses aventures sentimentales et montre ses porte-clefs érotiques.

L’après-midi nous visitons l’immense stade olympique et, pour fêter l’événement, allons boire un dernier coup. Un mexicain qui exporte sur la France nous paye à boire et nous invite (un peu tard) à Guadalajara. On apprend au passage que Miss Arleute s’est faite avoir pour sa bague. Caramba !

Considérations finales.

Grande maxime des mexicains qui nous veulent du bien : « Prenez garde aux voleurs, car ils vous piquent vos chaussettes en vous laissant vos chaussures. »

Les touristes rencontrés et des « conseillers » avant le départ, nous avaient prévenus que nous aurions certainement la turista (= chiasse). Ils se sont totalement trompés.

Les mexicains seraient moins gentils et plus durs que les guatémaltèques. Passez douze heures dans un train en panne avec le populaire, et vous verrez qu’ils sont en général de bonne compagnie. 

(Mais il faut à tout prix éviter le nord du Mexique en raison de la guerre des cartels, particulièrement violente. Il faut également éviter les banlieues géantes de Mexico.

Nous nous séparons encore, car Monsieur Moochagoo reste jusqu’au début novembre. 

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Guatemala.

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(Messagerie : ekand4460@yahoo.fr)

Tula

Le but ultime du voyage – surtout pour Monsieur Moochagoo – est Tula. Tula et ses « Atlantes » rêvés avant que d’être vus. Tula, la confirmation des indices soigneusement notés par Monsieur Moochagoo pendant le voyage.

En déchiffrant les manuscrits de Tortoza Ibañes (1562-1631), Monsieur Moochagoo avait lu, que grâce à l’orientation des rayons du soleil, le 19 septembre, chaque année, à 11h32, on peut apercevoir durant une minute le hiéroglyphique sacré au pieds des Atlantes.

Il nous apparut et – parait-il – il indique la direction d’Orion, où quatre atlantes identiques sont tournés vers la Terre, même date (terrestre), même heure. (Believe it or not).

Voilà, d’après Monsieur Moochagoo, la preuve indubitable que les Toltèques étaient des extraterrestres.

Nous avons bu pour fêter l’événement.

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Image internet.

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L’auteur tente de chanter comme les mexicains, et n’eut pas le succès espéré.

Cuernavaca

Dès l’aube, nous prenons un car de luxe pour Cuernavaca.

Les moines franciscains ont installé un ascenseur dans la cathédrale, pour accéder au clocher principal. Voilà qui change de Palenque.

L’après-midi est consacrée à une pyramide difficile à trouver, qui recouvre en fait une deuxième pyramide. Courroucés par notre venue, les dieux aztèques déclenchent un orage qui nous bloque une heure, avec des enfants de écoles.

Le palais de Cortes est aussi situé à Cuernavaca, pour s’éloigner des marais fangeux de Mexico. Le palais n’a aucune unité et est constitué de bric et de broc. Dans une des salles, Monsieur Moochagoo et moi avons observé une stèle qui représente Alban, seigneur Toltèque, venant de la planète Orion (ou de Venus d’après certains). La preuve viendra demain.

On a également trouvé dans le palais une grande quantité de statuettes maléfiques (espagnoles). Nos conquistadors n’avaient pas la conscience tranquille et se méfiaient les uns des autres.

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En l’absence du Sergent Robert’s qui s’exerçait à se lever à l’aube (comme les trappistes), j’ai bien du mal à réveiller Monsieur Moochagoo (l’altitude Mexico le fait dormir comme un loir), et Madame, qui ne veut pas quitter son « lit chéri. »

Monsieur Moochagoo nous a pourtant dit : « Quand il y a des ruines intéressantes à visiter, je suis debout d’un bond ! »

(Messagerie: ekand4460@yahoo.fr)

Drame tragique

Grande journée ! Nous avons visité le plus grand site archéologique du Mexique : Tehutihuacan, après deux heures d’embouteillage, grâce au car « populaire » choisit par Monsieur Moochagoo.

A perte de vue, un décor digne de Cecil B. de Mill. Il faut grimper, grimper et encore grimper au milieu d’une multitude de vendeurs de souvenirs. 

Au retour, la place Garibaldi et ses Mariachis (Aïe, Aïe, Aïe), nous offre ses restaurants aux variétés « piquante » (Aïe, Aïe, Aïe).

Hélas, un drame tragique se prépare, le Sergent Robert’s va nous quitter. Nous l’accompagnons à l’aéroport. Las, il s’en va, c’est définitif. Nous nous séparons avec des torrents de larmes.

Il va vraiment rentrer dans les ordres, chez des moines trappistes, où il est attendu. Nous avons fait tout notre possible pour faire échouer cette entreprise mystique. C’est raté. Un échec cuisant pour Monsieur Moochagoo et moi ; « du gâchis » pour Madame.

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« Je me mis à verser des torrents de larmes ; et cet état comparé à celui dont je sortois n’étoit pas sans quelque plaisir. » Rousseau (La Nouvelle Héloïse).

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Mes vis à vis lors d’un petit déjeuner dans un restaurant mexicain.

« Et dans le lit de la Marquise, nous étions 80 chasseurs… »

Le Refe de la gare de Palenque a été prévenu, nous avons eu un wagon couchette (le seul du train). Le train arrive à 20h15 pour 20h. Le réveil du Refe marque 20h06, il conclut : « Le train de 20h est à l’heure. »

Monsieur Moochagoo désespéré par ce train à l’heure – contre toute attente -prédit une arrivée à Mexico à 12h, au lieu de 8h du matin. Il triomphera.

Le dormitorio est climatisé, et deux cerbères sont chargés de surveiller, à chaque arrêt, l’unique entrée. Le ravitaillement est assuré aux arrêts, par des vendeurs de tacos et de fruits. Les bières Corona sont achetées dans le train.

Nous assistons à des exercices pratiques de manoeuvres de trains, surtout lorsque nous croisons des trains de marchandises, trop longs pour se garer sur la voie d’attente. (Vous avez vingt minutes pour résoudre le problème.)

L’arrivée à 12h permet de contempler les immenses banlieues de Mexico.

Retour à l’hôtel Monte Carlo, où nous héritons d’une suite « avec fauteuils » pour 60 euros (env.) 

Monsieur Moochagoo et le Sergent Robert’s achètent à la Feria des Artisania, l’un, une poterie de 10kg et l’autre, deux poteries du même poids, après 1h30 de discussion. (Envoi par bateau vers la France).

Beuverie avec quatre étudiants mexicains, et une bouteille de coñac Pedro Domecq. Le Sergent’s Robert’s se mit à hurler, « Aïe, Aïe, Aïe », avec des Mariachis de passage, puis à chanter : « Et dans le lit de la marquise / Nous étions 80 chasseurs / Et dans le lit de la marquise / Nous étions 80 chasseurs / 80, 80, 80, 80 chasseurs / Qui n’avaient pas peur!… »

Monsieur Moochagoo me dit en aparté : « Il a raison, chez les moines, ce genre de chanson est banni des offices. »

Léger mal de crâne en rentrant à l’hôtel.

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Etape 1

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Etape 2 (completamente borrachos).