Il fit une chute et il mourut

Je voulais commencer mon récit par : « Il fit une chute et il mourut », pour joindre deux événements dramatiques. Je fus pris d’un doute, ne devais-je pas écrire : « Il mourut et il fit une chute. »

Mais n’étais-je pas en train de faire une faute logique, car, une fois qu’on est mort, c’est le corps sans vie qui chute et non plus « il« .

J’étais perturbé par un message récent de Monsieur Moochagoo, qui était de nouveau en Colombie. Il m’avait dit qu’en Colombie, dans la petite ville loin des circuits touristiques où il logeait, le mieux était de laisser ses valeurs et son passeport dans la vieille télé de la chambre, et de se promener sans bijoux (chevalière, gourmette..). Pas de montre non plus, mais un billet de 20$ dans la poche de la chemise, à donner à un éventuel voleur armé d’un pistolet. Et il fallait mieux porter au côté, un long couteau de chasse dans son étui, pour indiquer qu’on est en mesure de se défendre.

Mais revenons à, « Il fit une chute et il mourut. » J’avais eu l’intention d’écrire après cette phrase : « C’était étrange, un jour avant, j’avais eu une intuition et m’étais dit : il pourrait peut-être mourir. »

J’aurais pu  épargner mon personnage en écrivant : « Il fit une chute mais se releva. L’ascension du Nemo Nani est réputée difficile. »

Impossible ! La mort du personnage me permettait de déclencher une série d’événements, utiles pour continuer mon récit.

Monsieur Moochagoo avait ajouté que la petite ville où il était, avait connu plus d’une centaine de morts violentes – la violencia de la Colombie – en une année. Allons-nous revoir Monsieur Moochagoo ?

On dit que peindre c’est omettre. Vais-je arriver à omettre ce qu’il faut ? Arriverais-je à écrire un début d’histoire plausible

« Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango. » (Schiller).

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Nemo Nani.