Sourire à l’intérieur de quelqu’un d’autre

Monsieur Moochagoo me montrait dans une boîte en carton, les 365 fortunes cookies qu’il avait reçu pour la nouvelle année – j’ignorais pourquoi il me les montrait aujourd’hui. Il avait refusé de me dire qui était la personne qui lui avait offert ce cadeau.

Je lui fit remarquer que pour les fêtes de fin d’année, il valait mieux accepter les cadeaux bizarres qu’on vous offrait, plutôt que de les refuser, c’est moins fatiguant socialement parlant.

J’ai eu droit à un regard à la Dc House quand il va exploser un collaborateur. Il a lu un fortune cookie : « Au secours, je suis retenue prisonnière dans une cave infestée de harengs. »

Je souriais, mais à l’intérieur de moi-même. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais sourire à l’intérieur de quelqu’un d’autre ne donne pas toujours des résultats convaincants. 

Désarçonné par le premier cookie, il en lu un autre qui me mit la tête à l’envers (ma voisine me dit souvent que j’ai la tête à l’envers) : « Si vous pensez que vous êtes capable de faire quelque chose ou si vous pensez que vous n’êtes pas capable de faire quelque chose, vous avez raison ».

Je demandais à Monsieur Moochagoo s’il avait le mode d’emploi de cette phrase. Il rangea le fortune cookie et referma brusquement la boîte en citant Shakespeare : « La vie est une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis qu’ on cesse d’ entendre. »  

On n’est pas aidé.

Bon, allez, je vais essayer de sourire à l’intérieur de quelqu’un d’autre. 

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Illustration de Sveta Dorosheva.

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7 réflexions au sujet de « Sourire à l’intérieur de quelqu’un d’autre »

  1. « Si vous pensez que vous êtes capable de vivre sans Monsieur Moochaggo et que vous pensez que vous n’êtes pas capable de vivre avec lui, vous avez raison, ajouterai-je.
    Car Monsieur Moochagoo est une ombre qui marche, un acteur qui se pavane et se trémousse une pauvre heure en scène, puis qu’on ne cesse d’ entendre, souriant, à l’intérieur de quiconque (il faut bien sûr que ce quiconque résonne suffisamment). »
    Et j’aime bien qu’il soit revenu, et son perplexe narrateur avec lui.

  2. C’est un peu curieux de montrer ses trophées du nouvel an début Octobre, soit 3 mois avant la fin de l’ancienne nouvelle année. C’est tout aussi étrange de faire un break de 2 mois et demi. Mais qu’est-ce qui motive donc Monsieur Moochagoo ?

    • Le break a été motivé par des soucis dentaires sérieux (mais réglés), diverses occupations de nettoyage et de corrections des articles du blog (2009-2016) que je voulais faire depuis longtemps, et – hélas – par la nouvelle, début septembre, du cancer d’un ami de très longue date qui m’a fichu un drôle de coup (mais pour lui, le coup est pire).

  3. Je dois avouer à ma grande honte que je n’ai jamais regardé d’épisode du Dr House et ne sais pas à quoi peut ressembler son regard et encore moins à quoi peut ressembler Mr Moochagoo adoptant ce regard. Mais il valait mieux sans doute ne pas essayer de sourire à l’intérieur de lui à ce moment là…

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