Mes derniers abonnés WordPress sur un an

(Rappel : Abonnés WordPress = ceux qui vont « suivre » votre blog.)

https://austincopelands.wordpress.com

Me propose différents lots de pâtisserie. Merci, mais je dois surveiller ma ligne.

https://ainsiparleleternel.wordpress.com

Me propose des prophéties de Dieu pour améliorer ma vie spirituelle. Merci, mais je suis comme Don Camillo, je n’ai pas besoin de prophéties.

« Jennifer Lagache »,  il y a un mois. Le blog a disparu. J’ai un vague souvenir de son contenu, qui était commercial.

https://crocpixel.com

Un blog sur le cinéma ? Un blog de chansons ? Merci, mais nous n’avons pas tout à fait les même goûts. Je le déplore.

https://7alalmoney.wordpress.com

Un blog pour obtenir des prêts (si j’ai bien compris). Merci, mais je ne lis pas l’arabe littéraire, et encore moins l’arabe dialectal.

https://jonahkleine.wordpress.com

Un blog de photos de voyages. On ne peut pas laisser de commentaires.

https://goodpuppies.wordpress.com (et me suit également avec « animalplanetlover »)

Abonné le 10/12 et 15/10/16. Les deux blogs affichent des photos – en général ratées –  de chiens et d’animaux, trouvées au hasard sur internet. C’est d’un ennui abyssal. Pauvres animaux sans défense.

NB : Il existe évidemment des robots qui cherchent des sites, où ils
s’abonnent, pour la promotion de produits, ou autres.

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Décider d’être heureux

Monsieur moochagoo avait lu phrase de Voltaire : «J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé,» et avait décidé de suivre cet avis pour combattre sa tendance à la mélancolie.

Je lui demandais s’il parlait la tristesse en général ou de la tristesse en particulier? Si c’était la tristesse en général, il y avait aussi la tristesse triste et la tristesse pas triste.

Mais attention la tristesse pas triste ne veut pas dire la tristesse rigolote, ce serait triste de mal interpréter cette notion.

Et puis il y a la tristesse extérieure – qui peut être fausse – et la tristesse intérieure, dissimulée. C’est le, «Ne me secouez pas. Je suis pleine de larmes.» d’Henri Calet.

J’eu droit à un regard genre : « Optimize Your Alt Tags Intelligently », ce qui n’est pas bon signe comme chacun sait. J’abandonnais mes questions.

Il avait remarqué que, lorsqu’on a été triste, on est heureux de ne plus l’être. Finalement la tristesse est utile au bonheur. Sans bonheur pas de tristesse, et inversement.

Je pensais, quant à moi, que le bonheur et la tristesse ne se décident pas, et qu’il aurait du mal à décider d’être heureuxLa tristesse est un événement qui arrive, on ne la convoque pas.

Mais Monsieur Moochagoo persévéra : « On peut utiliser la méthode suivante : s’efforcer d’être triste, pour se sentir heureux quand la tristesse disparaît. »

Là, il a cité Shakespeare : « Susciter le fou rire dans la gorge de la mort ? Cela ne se peut, cela est impossible. L’hilarité ne peut animer une âme à l’agonie. » (Peines d’amour perdues).

Ma voisine aurait dit : « On rigole on rigole, mais on ne voit pas le fond du bol ! »

Belle journée !

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Jean-Baptiste Greuze. Le fils puni.

Horizon bouché

Moochagoo : Quoi de plus triste d’un horizon bouché ?

Moi : Vous pourriez peindre l’horizon bouché en blanc. Dans le film THX1138 (1971), de Copolla, la cité du futur est sous terre. Elle est toujours de couleur blanche. Les gens aussi sont habillés en blanc. La prison est un endroit blanc qui semble s’étendre à l’infini. L’horizon devient une illusion.

Moochagoo (le regard vide) : Au fond, personne ne peut déboucher l’horizon.

Moi : Vous avez votre opinion, mais je vous conseille de faire un exercice mental (comme dans le yoga), de débouchage d’horizon. On ne sait jamais ce que ça peut donner. Pourquoi pas ?

Moochagoo (soupirs désolés) : « Voilà pourquoi j’ai une âme solitaire »*.

Moi : Restez ouvert à d’autres horizons. 

Moochagoo (la tête entre les mains) : Je suis dépité.

Moi : Je reviens à un film. Dans Alphaville de Jean-Luc Godard (1965), Lemmy Caution (Eddie Constantine) pousse et repousse une ampoule nue allumée au bout d’un fil électrique en discutant avec un autre personnage. L’ampoule permet à une partie du couloir plongé dans l’obscurité, d’être éclairé par intermittence. Mais s’il touche l’ampoule, il se brûle.

 Moochagoo (intéressé ) : Et alors ?

Moi : L’ampoule symbolise la vérité entre l’ombre et la lumière, mais si on l’attrape on se brûle. Pour vous, l’horizon balance entre lumière (il est dégagé) et ombre (il est bouché). Mais si vous y touchez, vous allez vous brûler. Le mieux est de l’ignorer.

Belle journée !

* Gérard Génette, « Discours du récit ».

** La lampe poussée et repoussée est une référence à « Le Corbeau » de Clouzot (1943) et au « Procès » d’Orson Welles (1962).

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THX1138

Pot de chambre en porcelaine incassable !

Tante Germaine : Tes billets me font penser à des vaudevilles. C’est presque aussi bien que, « Lili, Tutu, Bébeth, bouffonnerie parisienne » (1886), d’Eugène Chavette.

Moi : J’aurais préféré, « Aimé de sa concierge » (1878).

Tante Germaine : En fait, ce serait plutôt, « On purge bébé », mais sans le talent de Georges Feydeau. Tu purges tes lecteurs !

Moi : Tu remarqueras que mon visage reste aussi impassible qu’à une table de poker. Après cette attaque en piqué, laisse-moi le temps de recouvrer mes forces.

Tante Germaine : Tu as côté pot de chambre en porcelaine incassable. *

Moi : Mes billets sont sans qualités et résistent à toute caractérisation esthétique. Impossible de les enfermer dans une case. Ils sont presque anonymes.

Tante Germaine : J’ai vu l’exposition sur le peintre Bazille. Dans une salle réservée aux tableaux de fleurs, on nous apprend que certaines fleurs étaient appelées le « désespoir du peintre ». Ton blog est mon désespoir. 

Moi : Il faut faire comme si mes billets te plaisaient. Je vais utiliser la méthode du serpent Kaa : « Aie confiance / Crois en moi / Que je puisse / Veiller sur toi … »

Tante Germaine : Si au moins tu écrivais sur de hauts et nobles sujets !

Moi : Je pense traiter du sublime dans Judith et Holopherne du Caravage, et aussi de la symbolique cachée dans les oeuvres du Pinturicchio, dans la chapelle Santa Maria Maggiore.

Tante Germaine : Tu ferais mieux de parler de la Carte du Tendre, carte détaillée dans le premier volume de « Clélie, Histoire romaine », de Madame de Scudéry.

Belle journée !

* Référence à la scène 2, de « On purge bébé »

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« On purge bébé », avec Michel Simon et un pot de chambre en porcelaine incassable.

Allégées

Monsieur Moochagoo m’avait dit qu’en ce moment il ne supportait que les pensées allégées.

Je lui demandais : « J’élimine la comparaison avec la margarine. Allégées comme des petits papillons qui volètent dans votre tête ? Ou alors, vous en êtes encore à mettre au point les détails  concernant leur représentation ? ».

Il constata qu’intellectuellement nous n’étions pas sur la même longueur d’onde.

Je voyais déjà en lui une sorte de « coach de recyclage » pour transformer les pensées lourdes en pensées allégées.

Il me donna un exemple : « Voilà, je pensais ce matin que le regret de mourir n’existe plus une fois qu’on est mort. N’est-ce pas amusant ? »

Je m’étonnais : « C’est une pensée allégée ? Et pourquoi pas la pensée de la somme des carrés des premiers sept nombres premiers,  2²+3²+5²+7²+11²+13²+17² = 666, pour me faire peur avec le nombre 666. »

Il s’indigna : « Vous vouliez des pensées plaisantes, des histoires à dormir debout, des rêves, des histoires drôles pas drôles ? »

J’aurais préféré des pensées muettes, comme dans les films de Charlot ou de Jacques Tati.

Monsieur Moochagoo me regarda comme si j’étais le cancre au fond de la classe qui farfouille au fond de son nez.

Belle journée !

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Sentiments

Ma voisine : Avec Monsieur Moochagoo, discuter, c’est encore plus difficile que de jeter un chewing-gum dans le métro de Singapour.

Moi : En effet, cet acte délictueux coûte environ 1000$ sing d’amende, plus des journées de nettoyage de l’espace public. Pour Monsieur Moochagoo, personne n’est plus réfractaire que lui à l’art de la discussion.

Ma voisine : Il m’a demandé si je connaissais un spa sympathique où il pourrait emmener une nouvelle amie. Je lui ai rappelé que son amie suédoise venait à peine de repartir ! Et il courait déjà le guilledou ! Vraiment.. !!!!

Moi : Ouh là ! Et alors ?

Ma voisine : Il m’a dit qu’il traversait une crise de sentiments, et a tenté de changer de sujet.

Moi : L’esprit est fort, mais la chair est faible.

Ma voisine :  En matière de sentiments, je suis une pro de la déduction. Ingrid la suédoise est devenue une ex. mais il ne veut pas l’avouer.

Moi : Il n’aimait peut-être pas les brocolis à la vapeur, et les Köttbullar
(boulettes de viandes) ! Pauvre Ingrid.

Ma voisine : Essayez de lui tirer les vers du nez !

Belle journée !

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Comment Proust peut changer votre vie *

Moi : D’après Proust : « Un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices. » Il va falloir que je fasse connaissance avec cet autre moi.

Moochagoo : Vous lui demanderez s’il sait faire du café. A-t-il eu un cours de rattrapage sur le premier moi, pour que les deux moi restent en phase ?

Moi : Tout de même, si ce n’est pas moi qui écris en ce moment, mais un autre moi, les choses se compliquent.

Moochagoo : Si vos aimables commentateurs découvrent où se trouve cet autre moi, ils vous le diront. Après, il suffira de discuter diplomatiquement avec lui, pour qu’il ne se mêle plus d’écrire vos billets.

Moi : Je n’ai pas d’idées sur cet autre moi. Mais lui, en a-t-il sur moi ? 

Moochagoo : Votre autre moi est plus doué pour l’écriture que vous, et donc plus aisément repérable. Il tient peut-être un journal à votre insu, où vous ne jouez pas le beau rôle.

Moi : En gros vous considérez mon autre moi comme du vrai café, alors que moi je suis du jus de chaussette. Là, vous me fâchez.

Moochagoo : Je vous rassure, je ne vais pas le crier sur les toits.

Moi : Aimable !

Belle journée !

* Alain de Botton : « Comment Proust peut changer votre vie. » J’ai lu, 2010.

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