« Un type qui se torture les méninges »

Monsieur Moochagoo avait sur les genoux une boîte de mouchoirs en papier. En me passant à intervalles réguliers des mouchoirs pour éponger mes yeux et me moucher, il restait imperturbable. Il ne lui manquait que le canotier sur la tête pour ressembler à Buster Keaton.

Je lui avais dit : « Ok, les écluses sont ouvertes. »

J’avais lu le commentaire suivant sur mon billet, « Mes derniers abonnés WordPress sur un an » (30/11/16) : « Burntoast4460, un type qui se torture les méninges en randonnant le dimanche. »

Je sanglotais à gros bouillons et mouillait la moquette. Mes pieds n’allaient pas tarder à faire floc, floc. Voilà pourquoi Monsieur Moochagoo me passait des mouchoirs, afin d’épargner sa moquette d’un blanc immaculé. Tout son appartement est blanc.

L’accusation : « se torture les méninges », m’avait sérieusement affecté. (Choeur d’ambiance : « Tears on the ground, rain in my window. ») *

Alors que je suis depuis toujours, comme ce personnage de roman dont il est dit : « Il ne se faisait sûrement pas des noeuds au cerveau avec le bonheur ou la vie après la mort. » **

Je me mouchais. Je sentis que Monsieur Moochagoo – toujours imperturbable – ne me prenait pas au sérieux.

Le pire était : « en randonnant le dimanche, » alors que je n’ai pas commis de billets sur nos randonnées, depuis le 17 avril 2016.

Monsieur Moochagoo se mit à parler : « C’est bon signe, vous ne vous torturez plus les méninges depuis cette date. Vos billets sont désormais d’une grande sérénité. »

Il disait cela comme il m’aurait proposé un pneu neige pour un championnat régional de Rubik’s cube.

Je me consolais en lisant, « Comment recycler un bas résille » dans « 211 idées pour devenir une fille brillante, » de Bundy Cutler : « Une essoreuse à salade : Enfilez délicatement la salade , les radis et autres légumes passés sous l’eau par le trou, et allez dehors. faites tourner le bas au dessus de votre tête comme une fronde, serrez bien l’ouverture la plus grande. »

Monsieur Moochagoo m’a rappelé que je n’avais pas de bas résille ; du moins il l’espérait. 

* Tears (Louisa Johnson).

** Les producteurs (2015), Antoine Bello.

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