Tataooine – 14 Tr’bh’w’n’w’j’t’ngg’d’w’

Proust avait répondu au journal l’Intransigeant, qui demandait à ses lecteurs ce qu’ils feraient avant la fin du monde (si celle-ci était annoncée), que notre paresse naturelle nous faisait ajourner sans cesse nos projets (voyages, amours, etc) et, que dans le cas la fin du monde, nous nous intéresserions à une multitude de choses.

J’avais beau être assez proche de la fin du monde (enfin, ma fin du monde), j’avais du mal à m’intéresser à une multitude de choses.

Je me retrouvais brusquement en contact avec le sol. Monsieur Moochagoo venait de trancher le tentacule qui me retenait et s’attaquait aux autres tentacules.

« Avez-vous fini de jouer au yoyo ? Descendez de votre empyrée ! Réservez ce genre de cabrioles à d’autres circonstances, comme amuser les petits enfants. »

Ma conductrice, qui venait d’exploser la tête du Rathtar, me tira à l’abri d’un gros débris métallique et me plaqua au sol.

Elle s’appelle Tr’bh’w’n’w’j’t’ngg’d’w’ – j’avais décidé de l’appeler Sophie en mon for intérieur. J’étais fort satisfait d’être plaqué au sol, et qu’elle me fit un rempart de son corps.

J’en profitais pour remercier BB-8 de m’avoir conservé en vie, même d’une manière si acrobatique. Il répondit d’un ton détaché : « Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle, / Ma fortune va prendre une face nouvelle. » [Andromaque, Jean Racine].

J’ai du mal à cerner l’esprit de ce robot. Aurait-il des sentiments ?

Quelques dizaines de mètres plus loin, le combat faisait rage. Je fus forcé de constater que je n’avais pas été un héros. Une triste constatation.

Les Rathtars, après d’assez lourdes pertes, s’étaient finalement repliés. Allaient-ils se retirer définitivement ?

Tr’bh’w’n’w’j’t’ngg’d’w’ en tenue de repos.

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8 réflexions au sujet de « Tataooine – 14 Tr’bh’w’n’w’j’t’ngg’d’w’ »

  1. Je me permets d’intervenir pour transmettre un message à Sophie ( quelle bonne idée ce surnom ! ) : Plus qu’une tenue , le repos nécessite de lâcher les armes .

    A propos de ne pas avoir été un héros , vous pouvez sortir de cette tristesse en considérant que vous acceptez la défaite et offrez la victoire . Un héros peut en cacher un autre

    • Lorsque j’étais à l’Hotel Dieu pour une infection pulmonaire (il y a 20 ans), les infirmières qui me faisaient des ponctions artérielles (prises de sang) assez douloureuses, étaient très mignonnes, alors ça passait 😉

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