Tataooine – 43 Tout m’afflige et me nuit

« Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! / Quelle importune main, en formant tous ces noeuds, / A pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux ? /  Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. »

Le Temple du Vortex Quantique était si colossal que n’importe quelle représentation théâtrale était soit écrasée, soit mise en valeur par ce décor exceptionnel. L’avatar scorpion du véhicule avait décidé de jouer Phèdre de Racine.

Il incarnait lui-même le personnage de Phèdre à cause de son physique vaguement féminin, et les autres robots jouaient Thésée, Arycie, Oenone, Théramène, Ismène et Panope. BB-8 s’était réservé le rôle d’Hippolyte.

J’étais l’unique spectateur. Une atmosphère assez surréaliste, j’en conviens.

Cela me reposait des explications de BB-8 sur mes souvenirs, lorsque j’étais allongé sur un lit avec une conscience très diminuée. On m’avait bien demandé de déplier mes pensées (c’était un test), et le droïde d’assistance médicale sifflait bien, « Le pont de la rivière Kwai », en me réparant.

Cela me reposait encore plus des explications de BB-8 sur les propriétés intemporelles (?) du Temple du Vortex Quantique où il n’était  pas illogique de constater des changements sans le Temps. Je me souvenais de la chanson de Boris Vian qui exprimait parfaitement mon état psychique : « J’ai le cerveau qui flanche. Soyons sérieux disons le mot. C’est même plus un cerveau. C’est comm’ de la sauce blanche. »

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; / Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ; / Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ; / Je sentis tout mon corps et transir et brûler ; / Je reconnus Vénus et ses feux redoutables.. »

J’avais un peu de mal à suivre les traces du désordre amoureux sur le visage de l’avatar du véhicule, mais le ton y était si on fermait les yeux. 

Phèdre, tableau d’Alexandre Cabanel.

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3 réflexions au sujet de « Tataooine – 43 Tout m’afflige et me nuit »

  1. J’habiterais bien un Vortex Quantique, moi. On y est hors du temps, hors de l’espace, hors de tout. Enfin, quand je dis que j’y habiterais, peut-être y passerais-je seulement des vacances, c’est tentant.

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