Singapour – 2

(Avril/mai 2017)

DSC06462 copieQuand nous arrivons à Singapour, en général nous allons dans le quartier de Chinatown (station de métro du même nom), au marché « Chinatown Complex », manger du canard.

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Comme on peut le voir, les prix sont modiques 1$ Sing = 0,62€. 

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Ce plat vaut 6$ sing, soit 3,72€. Impossible de mourir de faim.

Près du marché, les travaux sont perpétuels, comme dans une bonne partie de la ville.

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Le metro (MRT) : Il suffit d’acheter une carte EZ-Link pour 12$, valable plusieurs années qu’on peut recharger dans chaque station (pour 50$ on est tranquille.) Le froid de la climatisation peut-être intense, il faut emmener une petit laine ou une doudoune légère.

Comme en France, il y a beaucoup d’obsédés du téléphone (genre Samsung grand format).

La même carte est utilisée dans les bus. Il suffit de valider en entrant ET en sortant. Une habitude à prendre pour les parisiens indisciplinés.

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Singapour – 1

En fin avril, début mai nous sommes allés à Singapour.

Par chance, ce fut sur Singapour Airlines en classe affaires et en Airbus A380. Les sièges sont vraiment larges et permettent de dormir complètement allongé (une fois la transformation du siège effectuée).

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Une fois à Singapour (à 6h du matin), nous avons rejoint notre hôtel Marina Mandarin en taxi. On peut prendre la chambre dès l’arrivée.

L’hôtel est construit avec un atrium dans le style des années 1980. Un peu vertigineux à mon goût, surtout si vous logez au 25e étage.

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La vue de la chambre donne sur le fameux hotel Marina Bay Sand et la ligne de gratte-ciels derrière Marina Blvd. 

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Tension – 3

« Toujours en mouvement est le futur », c’est par cette citation de Maître Yoda que Monsieur Moochagoo m’avait répondu lorsque je lui avais demandé pourquoi il m’avait laissé maltraiter par le lombric rose géant des Iles Orkney.

Il espérait s’en sortir par un pirouette. Je tins bon et lui reprochais sa phrase incroyablement cynique : « Mon cher, vous avez donc réussi à ne pas vous faire écraser ? »

Puisqu’il me citait Maître Yoda, avait-il basculé du côté obscur de la Force ?

Il me regarda avec son regard ironique si énervant du genre : « Vous aimez toujours manger des Kinder Surprise pour les jouets qu’il y a dedans ?« .

« Quoique j’ai fait, je ne vous ai jamais mis en danger. C’était un arrangement avec le lombric rose géant des Iles Orkney. Ce charmant animal est très facétieux, c’est lui qui a monté cette farce. Il est tellement doué pour manipuler cette caisse géante qu’il ne risquait en aucun cas de vous blesser. »

J’étais anéanti. Monsieur Moochagoo se frottait-il les mains d’un air sadique ? Non, il gardait son air Buzz l’Éclair Waterproof.

Il ajouta en me faisant entrer dans le salon : « Voyez le lombric rose géant est en train de se reposer quelques jours sur mon canapé avant de repartir pour les Iles Orkney. »

Je sens que je vais me transformer en Dark Vador.

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Maître Yoda.

 

Tension – 2

Personne ne m’a jamais prédit que je mourrai écrasé dans une cave, par une énorme caisse en acier.

De toutes façons je n’en aurais pas parlé car, selon Hume, « Le malheur d’autrui nous donne une idée plus vive de notre bonheur.. » Je ne n’aurais voulu que quelqu’un se réjouisse par anticipation de mon triste sort.

Pour l’instant, la « chose » qui était dans la caisse, arrivait à lui faire faire des bons d’un mètre de hauteur. La caisse semblait me poursuivre. J’avais déjà évité la mort par écrasement à plusieurs reprises.

Monsieur Moochagoo était toujours assis au centre de la cave et continuait à manger des sandwich au concombre en buvant du thé. Il avait l’air aussi compassé que le Prince Philip lorsqu’il est en représentation officielle aux côté de la Reine Elisabeth, (c’est peu dire).

Je courrais comme un dératé tout autour de la cave en le suppliant de trouver un remède à mes angoisses : mon corps risquait de se retrouver en morceaux de puzzle et il allait falloir le reconstituer avant mon enterrement. 

Tout en évitant une nouvelle fois la caisse qui avait vicieusement rebondie sur un des murs, je me récitais un mantra-alexandrin pour me calmer : « Le train ne peut partir que les portes fermées. »

Soudain, au milieu du vacarme effroyable, Monsieur Moochaggo se mit à parler : « Je ne vous force pas à me croire, mais dans cette caisse est enfermé un lombric rose géant des Iles Orkney. Je suis enfin parvenu à attraper un. »

Je fus tellement surpris que la caisse me frôla à moins d’un centimètre. Je hurlais: « Libérez-le !!!!! »

Il a alors appuyé sur un bouton rouge situé sur un petit objet en plastique noir. Un panneau s’ouvrit sur le côté de la caisse. Le lombric en surgit et disparut à une vitesse affolante.

Monsieur Moochagoo a rangé ses affaires et la chaise. Il est sorti en me disant : « Mon cher, vous avez donc réussi à ne pas vous faire écraser ? »

 

 

Tension – 1

Dans une cave voutée, Monsieur Moochagoo était en train regarder une grosse caisse blindée en acier de deux mètres de haut sur trois de long, et un mètre de large.

Je ne sais pas ce qui était enfermé dedans, mais la « chose » se débattait furieusement avec des bruits sourds et des grognements terrifiants.

Assis sur une chaise pliante, Monsieur Moochagoo mangeait un sandwich aux concombres et aux oeufs et ne quittait pas la caisse des yeux, surtout lorsque celle-ci se mettait à remuer furieusement.

J’étais prêt à m’enfuir – courageusement – dès que l’acier serait percé (il était déjà gondolé).

Monsieur Moochagoo s’arrêta de manger et but une gorgée de thé vert, comme si nous étions à un high tea, en train de regarder un match de cricket dans la campagne anglaise.

Il me dit que le dessinateur de BD Hermann pensait qu’ « un scénario, c’est comme si vous posiez un piquet dans la mer et que vous attendiez que des moules viennent s’y accrocher. » Il me proposa de faire pareil avec mes billets de blogs et d’en poser (métaphoriquement) quelques uns dans la mer en attendant les moules.

Normalement j’aurais répondu, « et les frites ? », mais la caisse en acier se renversa violemment par terre (sans que Monsieur Moochagoo s’en émut). Les grognements étaient d’une intensité insoutenable.

Ce n’était pas le moment de sortir ma blague préférée sur les poulets : Dans un restaurant, un client demande : « Comment préparez-vous vos poulets? » Le Chef répond : « Oh, rien de particulier. On leur dit seulement qu’ils vont mourir. »

A ce moment précis, au lieu de me laisser gagner par les angoisses du passé, je préférais m’occuper des dangers du présent. Ma voisine, attaquée par une taupe à Meudon, avait eu le même réflexe.

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High tea.

Exercice d’ennui.

J’ai déjà cité Daniel Pennac dans « Chagrin d’école » (Folio, 2007). Il raconte qu’il conseillait à ses élèves des exercices d’ennui : « Je les priais de ne rien faire : ne pas se distraire, ne rien consommer, pas même de la conversation, ne pas travailler non plus, bref, ne rien faire, rien de rien […] Vingt minutes. Montre en main.«

Monsieur Moochagoo me conseilla de faire l’exercice à nouveau. Vu que ma première tentative,  il y a des années, avait été calamiteuse, il me dit que ce ne serait pas trop difficile de faire mieux, avec un petit sourire en coin. Je ne répondis pas à ses insinuations.

Je commençais mon exercice d’ennui. J’arrêtais de m’occuper. Vous allez me dire qu’on peut s’occuper à s’ennuyer. Mais on peut aussi s’ennuyer à s’occuper.

Marc Fumaroli raconte qu’au XVI/XVIIème siècle, les lettrés retenaient par coeur les livres qu’ils avaient lus et pouvaient littéralement les lire dans leur tête lorsqu’ils le désiraient. Aucun ennui possible.

Ce n’est pas mon cas. J’ai eu toujours beaucoup de mal à apprendre par coeur des poésies, même les plus faciles.

Au bout de dix minutes, comme j’ai une bonne mémoire visuelle, je vis avec précision la scène où Gene Kelly danse sous la pluie. Puis vint un concert des Rolling Stone qui chantaient à Cuba en 2016 : « I can’t get no, oh, no, no, no, hey, hey, hey / That’s what I say / I can’t get no satisfaction » .

J’effaçais tout et continuais mon exercice. Je voulais être honnête avec moi-même.

Je laissais trainer mon oeil gauche sur une note de Madame : « Ramener des éponges et du produit à vaisselle. » (Chez ma belle-mère). Je remis mon oeil gauche dans le droit chemin. 

S’ennuyer demande un tel travail sur soi-même..

Je fermais les yeux et pensais aussitôt à la phrase d’un anonyme, rapportée par G. Perec: « Quel dommage qu’on ne puisse pas se voir dans une glace quand on a les yeux fermés. »

C’était fichu. Je commençais à m’occuper à penser. J’abandonnais.

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