Une réception chez l’Ambrassador – 05 – Journée 4, Des amitiés se nouent .

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Un garde de l’Ambrassador reste indifférent au laisser aller de Messieurs Bernard et Marcel Chilofachinou, pendant qu’une belle histoire d’amour commence.

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Madame RHârf’ dans un bosquet de parenthèses rêve à l’Ambrassador qu’elle chérit secrètement.

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En bas à gauche, Monsieur Moulaouanne se fâche, il attend toujours sa boisson. Mesdames Sol et Fa abusent de la bouteille, et un cousin de l’Ambrassador tente en vain de téléphoner à Madame RHârf’. Il n’est plus réticent à lui avouer ses sentiments. 

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En fin de soirée, Monsieur Martin joue son va-tout auprès de Mademoiselle Angèle Michonot (au grand dam de son ami d’enfance Sébastien Khrimata).

Une réception chez l’Ambrassador – 04 – Journée 3, Les invités se reposent.

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Slurp, l’ignoble traître attend son heure pour répartir parmi les buffets ses fruits poivrés-salés.

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L’Ambrassador met à la disposition de ses invités son coiffeur et Madame Silomina, charmante assistante.

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Les Schigulons se reposent des excès de la fête, pendant que Monsieur Moulaouane attend toujours sa boisson. (On remarquera une cactée amoureuse de Monsieur Moulaouane et des vers communs jouant au poker).

Une réception chez l’Ambrassador – 03 – Journée 2, La fête bat son plein.

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Un garde surveille une invitée éméchée, Madame Tortue, redoutable buveuse de Margarita.

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La pêche aux Haricoeils est ouverte. Ceux-ci ont décidé à l’unanimité de ne pas se laisser pêcher.

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Monsieur Planotikhérofiledonamoricain échange des souvenirs de guerre avec les frères Chatbedon.

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Le seul humain invité s’interroge sur sa présence à la réception de l’Ambrassador. Il ne connaît personne.

Une réception chez l’Ambrassador – 02 – Journée 1, quelques invités.

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Monsieur Choubidon avec son cocktail zombie et Madame… ?, dont personne n’a jamais réussi à savoir le nom, qui boit son habituel thé au bourbon.

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En haut à gauche, Monsieur Lumineux importuné par le bruit d’une Platina femelle parmi des borogoves.

En bas à gauche un haricoeil, animal aquatique réputé difficile à pêcher. En bas à droite un Falinocère qui pond ses oeufs.

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Madame (imprononçable), dame d’oeuvre bien connue, accompagnée de son animal familier.

Une réception chez l’Ambrassador – 01 – Journée 1, quelques invités.

Avant « Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie », j’avais dessiné et aquarellisé  ce récit qui n’en était pas un, « Une réception chez l’Ambrassador ». Et puis je me suis aperçu que ce ne serait pas bien compris par les jeunes neveux et nièces.

Voici donc ce récit qui est plus poétique qu’autre chose. Pas de mystères, pas de meurtres et encore moins d’horreurs si prisées de nos jours. (Je crois que j’avais proposé ces dessins à un éditeur de livres pour enfants, qui m’a fait comprendre que la vente de légumes sur un marché me serait plus profitable.)

Les dessins seront montrés trois par trois. 

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Deux invitées contemplent un vol de libellules.

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Monsieur Chamouno, un autre invité.

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A gauche, le frère de Monsieur Chamouno, à droite, Madame Autruchon, fidèle et timide amie.

11 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Monsieur Moochagoo a bien réfléchi et maintenant, il se contente de moudre sa choucroute garnie, à laquelle il ajoute une odeur de rose.

Il est déçu, et un peu déprimé par l’odeur de choucroute garnie à la rose.

Seul Monsieur Cochonoo a été surpris par cette odeur de rose. Il n’imaginait pas qu’une telle odeur puisse exister. Il a finit par s’en accommoder, mais préfère sa mare putride.

10 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Monsieur Moochagoo se sentit soudain responsable de tous ces événements.

Il vida son tonneau de choucroute garnie, et le mit sous le tuyau d’évacuation des eaux de pluie de la  toiture.

Puis il se cacha quelques jours dans le tonneau.

C’était humide et inconfortable (sans compter l’odeur), mais il ne plut pas et personne ne songea à le chercher là.

Il en profita pour réfléchir à un autre moyen de préparer sa choucroute garnie.

9 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Il fallait agir ! Tout le village s’agitait mais personne ne trouvait de solution.

C’est là que le discret Monsieur Informus se manifesta et promit de construire une machine adéquate dans la nuit.

Ce fut l’étonnement général. Tout le monde pensait que Monsieur Informus passait sa vie dormir.

Le lendemain matin, Monsieur Informus présenta sa machine, un Aspifuméeronflementsodeurshorribles, propre, silencieux et efficace.

Tout disparut : la fumée, les ronflements, les odeurs de choucroute garnie et de fromage pourri. Plus rien, à part l’odeur de Monsieur Cochonoo, à laquelle le village était habitué depuis longtemps.

Sans attendre de remerciements, Monsieur Informus repartit dormir. Il l’avait bien mérité.

8 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Monsieur Cochonoo aimait se baigner dans sa mare putride, en compagnie de son grand copain Canardoo. Il fut fort étonné de renifler une odeur pire que la sienne, et d’entendre des ronflements insupportables venus d’on ne sait où.

Monsieur Moochagoo, quant à lui, était perdu dans les épaisses fumées. Comme les habitants du village, il avait mal au coeur à cause du mélange des odeurs de choucroute garnie et de fromage pourri.

Tous s’exclamèrent en même temps : « Mais, que faire ? »

6 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Incommodés par  l’odeur de la choucroute garnie et les ronflements de Monsieur Moochagoo, Bric, Broc, Madame Glou-Glou et leur fidèle compagnon Gudule, ne dormaient  plus.

Ils réfléchirent et décidèrent de fabriquer un Odorifumronfleur à roulettes qui, bien sûr, fumait et ronflait, mais aussi dispensait une odeur de fromage pourri en direction de la maison de monsieur Moochagoo.

On allait voir ce qu’on allait voir ! Ce serait l’arroseur arrosé !

4 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

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Les plus proches voisins de Monsieur Moochagoo, la famille Robot et leur chien Onésime, dont on aurait pu penser qu’ils étaient indifférents à la fumée, n’en pouvaient plus.

L’odeur de la choucroute garnie troublait leurs nez électroniques, en particulier celui – très sensible – du chien Onésime.

Mais il y avait pire…

1 – Monsieur Moochagoo fait cuire sa choucroute garnie.

Il y a plus de vingt ans j’avais commis une petite histoire en images pour des neveux et nièces entre cinq et dix ans.

Je pensais qu’elle était perdue, mais elle m’a été  renvoyée sous forme de photos.

J’ai repris l’histoire et y ai incorporé Monsieur Moochagoo avec son consentement.

Voilà donc cette histoire qu’aucun éditeur n’aurait jamais accepté, mais que ses jeunes lecteurs ont bien aimé. Il y aura une image par jour, si c’est possible.

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Il était une fois un petit village qui aurait été fort tranquille, si Monsieur Moochagoo ne l’avait pas  habité.

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Il fit une chute et il mourut – 4

Suite du récit :

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« Lorsque nous sommes arrivés plusieurs jours après à Simikot, où un avion de Havilland à deux moteurs nous attendait pour nous conduire à Nepalgunj, puis à Kathmandu, un autre ami de Frédéric me confia que cette aventure dans la Limi Valley avait été rétrospectivement d’une puérilité bouffonne.

Il ajouta que les personnes les plus éclairées peuvent manquer du discernement nécessaire à distinguer ce qu’on peut entreprendre, et ce qu’il faut absolument éviter. L’impréparation de Frédéric avait été totale.

Frédéric ne savait rien des risques qu’il prenait, et le peu que sa chute avait pu lui apprendre, avait été un savoir de très courte durée.

Je trouvais le raisonnement de l’ami un peu limite, mais je convins que, pendant sa chute et durant un instant, Frédéric avait pu en tirer un sage enseignement, qu’il ne put hélas, mettre à profit, en raison de sa mort inattendue.

Un malheur difficile à réparer, songeais-je en moi-même.

Je me reprochais, ayant eu l’intuition que Frédéric pouvait mourir, de n’avoir pu soulager son infortune, comme on dit parfois.

Perdu dans ces conjectures, je ne m’étais pas rendu compte que l’avion avait décollé.

Durant sa chute, Frédéric eut-il le mérite de reconnaître ses torts et s’en est-il repenti ? J’ai du mal à débrouiller le chaos des événements, et bientôt le naufrage du temps viendra tout recouvrir.

La sécurité de notre esprit nait de l’évidence des faits, mais quelques scrupuleuses que soient mes interrogations au sujet de Frédéric, je les ai eu en pure perte. »

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Fasse le ciel que les lectrices et les lecteurs trouvent à ce récit quelque intérêt.

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Il fit une chute et il mourut – 3

J’ai pris mon courage à deux mains. Il fallait que je commence mon récit. Il y allait de mon honneur.

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« Il fit une chute et il mourut. C’était étrange, un jour avant, j’avais eu une intuition et m’étais dit : il pourrait peut-être mourir. 

Lorsque le lugubre cortège redescendit avec le corps de Frédéric, je fus témoin d’un spectacle extraordinaire. Deux colombes d’une éblouissante blancheur virent se poser sur un rocher qui nous surplombait et nous suivirent pendant plusieurs kilomètres.

Ces colombes accompagnèrent-elles son âme vers les Cieux ? Certains disent que ce genre de propos spiritualiste n’est pas digne d’être pris en considération.

Durant la descente, un de ses amis composa un poème :

« Frédéric tes mérites furent petits / Mais tu n’étais pas  sans agrément / Ta mort soudaine possède un avantage / Elle te grandit assurément. »

Je trouvais que cet éloge poétique était ambigu. 

Il est sûr que Frédéric n’a pas rendu des aveugles à la lumière, ni donné aux sourds la faculté d’entendre, ni redressé des boiteux. Eut-il des moeurs édifiantes? Fut-il intègre ? Ses oeuvres méritoires sont-elles longues à détailler ?

Un autre des ses amis m’a confié qu’il était d’une sagesse précautionneuse. Encore un compliment ambigu.

Je réfléchis à son éloge funèbre et fus assez fier de me souvenir d’un éloge du XVIIIe siècle, qui lui conviendrait parfaitement : « Les mains dévorantes du temps, eurent raison de lui ». »

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Voilà un bon début, plein d’allant, du moins, j’ose le croire. A l’avenir, je ne me priverais pas d’ajouter des anecdotes spirituelles, quand elles seront jugées propres à illustrer ce récit.

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Il fit une chute et il mourut – 2

Finalement je m’étais décidé à commencer mon récit :  « Il fit une chute et il mourut. C’était étrange, un jour avant, j’avais eu une intuition et m’étais dit : il pourrait peut-être mourir. »

Mais je me posais aussitôt une nouvelle question. Qu’avait ressentit Frédéric en chutant et juste avant de mourir ?

Avait-il chanté (rapidement) le Subvenite des funérailles : « Subvenite, Sancti Dei, occurrite, Angeli Domini, Suscipientes animam eius, Offerentes eam in conspectu Altissimi » (Venez saints de Dieu, accourez anges du Seigneur, recevez son âme, et présentez-la devant la face du Très Haut) ?

Avait-il pensé au Dharma, l’ordre du monde ? Avait-il respecté tous les devoirs qui s’imposent à l’homme pour respecter cet ordre ?

Mais je me souvins que Monsieur Moochagoo m’avait indiqué que les obligations liées au Dharma sont suspendues dans les situations de détresse. Exit le Dharma.

Se souvenant d’un amour perdu, avait-il pensé à un lai charmant de Marie de France (XIIe): « Bel ami, ainsi va de nous, ni vous sans moi, ni moi sans vous. »

Ou, tout simplement avait-il pensé à Sénèque :  « Iniquum est collapsis manum non porrigere, commune hoc jus generis humani est. » (Il est injuste de ne pas tendre la main à ceux qui sont tombés, cela est une loi commune du genre humain.)

Mais en l’occurence, badaboum, Frederic était tombé, et il était mort sans le secours d’une main amie. J’étais dans une impasse. Mon récit n’avait même pas démarré.

J’ai reçu un message de Monsieur Moochagoo. Il était tombé dans le Parc archéologique de San Agustín au Fuente Cremonial del Lavapatas, mais il s’était relevé avec quelques contusions.